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30/07/2008

Etape 272 (22/05) – Visigza – Colchani

Comme on est dans l’ombre ce matin, une logique qui nous unit Mathieu et moi conclut a la seule decision raisonnable : attendons le soleil pour nous lever ! C’est rangement ce matin : tout le rayon cuisine et nourriture y passe : vaisselle complete et construction d’un couvercle pour la boite a bouffe. Mathieu a tres faim, resultat des Deli-chocs : Fabian 11, Mathieu 1. Merci encore …

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On retrouve la piste et les engins de terrassement un peu plus tard pour toute la matinee. L’ai déjà ecrit, mais c’est parce que ca continue : c’est ma-gni-fique ! Et puis y’a le soleil aussi … Autre avantage : comme c'est Mathieu qui conduit, j'en profite pour cliquer sur l'appareil photo sans m'arreter ...

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 Au bout d’une looongue derniere montee on apercoit le salar et la petite ville d’Uyuni en contrebas, on est tout excites. Peut-etre pour ca que 2 vehicules de douane (assez militaires avec des armes et tout et tout) nous arretent et decident de fouiller la voiture : 10 personnes ! On joue le role inverse et on verifie surtout qu’on ne nous pique rien ! C’etaient les « narcotico » a la recherche de drogue (enfin … de trafiquants de drogue). En ville, on part pour une courte balade et un bon petit repas dans une arriere cour assez mal indiquee. On se retrouve au milieu de poivrots occupes a celebrer cette journee feriee (Corpus Christi ??) pour une bonne soupe et une viande marinee avec du riz. Balade digestive au marche et on s’achete 2 bonnets souvenirs en laine pour 20 balles (Le mien est plus beau. Non, c’est le mien. Oui mais le mien a ceci. Et moi il a cela … etc). Mathieu remplit sa valise d’autres souvenirs pour rapporter a Bruxelles. Petit tour chez internet avant de repartir. On fait le plein a la station, mais le vrai plein : les 120 litres du reservoir plus les 3 jerrycans vides. J’insiste pour un dernier petit detour vers le cimetiere de trains, meme s’il commence a faire tard.

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 Padaa ! : superbe amas de carcasses rouillees qui rougissent au soleil couchant. D’anciennes locomotives a vapeur grimpees par une petite bande de gosses, bientôt suivis par les 2 lurons toujours pas fatigues de chercher leur photo du siecle. Mais le soleil est tres fatigue et nous on doit encore rouler quelques kilometres avant de se deposer quelque part dans le salar comme prevu. C’est une vraie piste de merde de tole ondulee qui nous sert de passage oblige tandis que Monsieur Soleil a completement disparu derriere les collines. C’est donc dans le sel et le noir complets qu’on plante la tente du Def. Le pain et les saucisses sont moins bons ce soir. Mais qu’est-ce qui nous pousse alors a rester dehors dans ce froid gelant ? Ben, c’est juste que c’est le plus bel endroit du monde … Et si les etoiles continuent de filer comme ca, on va y passer toute la nuit … Et si on continue nos prises de plus en plus reussies, on risque de ne plus revenir et de geler sur place (malgre nos 2 nouveaux bonnets qui font notre bonheur !) … Mais comme on est 2 grands couillons, on decide de se mettre au chaud et que demain sera encore mieux. Le salar, apres tout, doit etre plus beau de jour, non ?

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Etape 271 (21/05) – Ojo del Inca – Visigza

Il a fait froid, il fait d’ailleurs toujours froid ce matin. Et notre visite a une quinzaine de kilometres d’ici ne nous permet helas pas de trainasser. Voila l’excuse toute faite pour ne pas avoir les couilles d’un bon bain (conseille par les amis gardiens (on est seuls ici) la veille au soir). On prend le temps toutefois de s’exercer aux photos de brume (Eau Chaude vs. Air Froid : superbe combat jamais gagne, dans ce superbe decor de plantes genre roseaux).

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Evidemment, on arrive juste juste a l’heure mais sans avoir gare la voiture encore : la separation s’impose et j’ai la temerite de confier le Def a Mathieu pendant que j’attends le guide. Il reviendra 15 minutes plus tard en m’expliquant avoir gravi des pentes verticales dans cette ville de fous. Je traduis qu’il a cale en cote comme un bleu … C’est une vieille mini bonne femme qui arrive en tres vieille, tres mini camionnette pour nous conduire a l’autre bout de la ville. Pas possible que cet engin japonais sans doute a 2 cylindres seulement puisse passer la ou Mathieu a cale … Ben si ! Meme s’il faut la pousser a un demarrage ou l’autre. Bouchons dans la mini cite : une marche de mineurs en greve bloque certains troncons. On a charge d’autres touristes en cours de route et c’est plein a craquer la dedans. On arrive au quartier des mineurs, c-a-d quelques echoppes qui vendent le materiel necessaire : pelles, pioches, lampes, mais aussi la coca et la limonade pour la journee. On decide (on est tres vivement conseille) d’acheter quelques victuailles a distribuer lors de notre passage. C’est pas Blegny Trembleur ici, c’est pas l’Europe aux mines fermees depuis longtemps et nettoyees pour le passage des touristes : on y travaille toujours ! Et a la main ! Alors on nous habille de combinaisons jaunatres genre La Soupe aux Chous et de paires de bottes. Nous voila coiffes de notre casque et sa lampe pour rejoindre la camionnette qui retrecit au fur et a mesure que je la retrouve.

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Direction l’entree d’une des innombrables galeries. Les grandes compagnies minieres ont abandonne le site depuis longtemps déjà et sont occupees aujourd’hui dans d’autres mines proches de la. Ici, quelques cooperatives fonctionnent toujours de manière assez artisanale (c-a-d dire sans beaucoup de moyens ni de securite, sans parler du « bien-etre » au travail). Alors on suit notre guide dans les galeries en rampant parfois, en l’ecoutant nous raconter le fonctionnement de la ville autour de la mine, en se forcant a chiquer sans trop cracher cette espece d’herbe sensee filtrer les poussieres qu’on avale. Il n’y a pas trop d’activites puisqu’ils sont occupes en bas a defiler dans les rues et foutre le brin dans la circulation. Mais on apercoit ci et la, les groupes qui tirent et poussent les wagons a l’huile de bras (faut se plaquer contre le bord pour laisser passer), ou meme qui les vident et remplissent des sacs de cuir a remonter un a un par un systeme de poulies cache. Quand la guide me tend la pelle et m’invite a donner un coup de main, j’ai le reflexe du gars trop ingenieur et pas touriste et « au-dessus » de ca et je refuse tres spontanement (ou est-ce de la timidite ?). Mathieu a l’humilite lui au moins d’accepter et le voila a aider les pauvres gaillards a remplir la caillasse … On en profite pour distribuer la limonade et les sacs de coca. C’est déjà fini, mais tres impressionnant !

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Retour en ville pour se changer, on se fait deposer tout en bas, pres du marche. J’en profite pour faire taire les rumeurs et goute a tous les etals (patisseries collantes en forme de champignon atomique). On pique-nique assis sur un banc dans des gamelles d’acier remplies du ragout qui cuisait dans la grande marmite que surveillait la vieille qui se marre. Et pour couronner le tout, je vide sans fremir l’espece de jus blanc (Mathieu : « du sperme de lama ») tandis que Mathieu se pavane dans le luxe d’un cocktail banane papaye … C’est qui le baroudeur packpacker qui n’a peur de rien hein ? Ben oui Mathieu, fallait ecrire le blog si tu voulais que la verite ne soit pas transformee … ;-) Je continue mes contre-verites (en fait bien reelles et tres peu exagerees) : Mathieu ne retrouve plus le Def et me donne l’occasion d’un petit stress comme je les apprecie de moins en moins … C’est reparti pour la route !

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Celle qui nous conduira a Uyuni et le fameux salar. C’est-a-dire pas celle-la et il faut faire demi-tour au peage. Oui, c’est bien ce chemin de terre qui part a droite. Ben oui, c’est la piste quoi ! Mathieu a du croire que c’était d’une piste rouge des Alpes qu’il s’agissait parce que le voila en train de fixer d’horribles miroirs ronds au-dessus du nez et les fixer aux oreilles par des arceaux en caoutchoucs pour bien que ca tienne … Manque plus que la paire de skis et le tire-fesses … En fait, la route est en construction (si je dois refaire le meme tour du monde dans quelques annees, j’ai bien l’impression que je pourrai laisser le Def a la maison et prendre la p’tite Audi, ca passera tout aussi bien). Les decors magnifiques de la veille se poursuivent, chaque fois different (ronds et lisses ou canyons abrupts, brun, verts, ocres, en terre ou en pierre, toute la geologie y passe, de longues descentes aux vues plongeantes vers le lointain ou dans d’etroits passages).

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En fin d’apres-midi, je reprends le volant pour nous denicher un petit endroit de bivouac. C’est en franchissant quelques ondulations qui menent au village qu’on demande l’autorisation de pouvoir passer la nuit a l’ecart, pres des cactus au sommet d’une de ces vagues de pierre noire qui donnent au-dessus du lit de la riviere dessechee ou passent les moutons. Le petit Fernando nous tient compagnie et s’enfuit gouter sa galette au miel (merci maman !) un peu plus loin. Mathieu nous prepare des pates napolitaines, je dessert au chocolat, tandis qu’il s’eloigne a la recherche encore de la photo de nuit du siecle et que j’essaie de bloguer un petit peu. Je ne sais plus comment on arrive a ce marche, mais on fait chacun un pari stupide (qu’on ne gagnera ni l’un, ni l’autre) : Je dois toucher un lama et il doit toucher une Bolivienne … Que quelqu’un m’explique …

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Etape 270 (20/05) – Peaje avant Oruro – Ojo del Inca

Mais quelle nuit ! Les moteurs des camions et des narines de mon voisin ont bien essaye de me bercer, mais tout de meme … trop de diesel la dedans … Biscuits pour petit dej et on part pour notre longue etape vers Potosi et ses mines (oui, j’avoue, c’est moi qui inflige ce detour). Traversee hasardeuse de Oruro (c-a-d qu’on se perd, malgre le GPS … C’est la faute du lac aussi : a contourner par la gauche ou par la droite ? Et puis pas un panneau pour aider …).

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La route est magnifique, on a quitte le Nord, la capitale et la civilisation pour un no man’s land comme je les aime. La route longe le lac et traverse l’immense plaine en pentes douces. Des premiers canyons et premieres collines rouges decorent le long de notre route.

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A midi, on sort la chaise et les victuailles (les saucisses de Mathieu (c-a-d qu’il a courageusement opte pour des zwan au fromage !), le pain, le jambon et le camembert déjà verdatre sur les croutes) pour dejeuner pres des lamas au bord d’un mini lac. Les routes deviennent de plus en plus jolies parce toujours desertes, mais qui traversent de minuscules hameaux faits de quelques maisons de pierre qui se fondent parmi les couleurs changeantes des roches autour. Mathieu conduit toujours … aussi bien ! Le relief se met a onduler de plus en plus, les canyons deviennent plus profonds et la direction plus sinueuse. C’est crescendo jusqu'à Potosi. Une montagne a poil, a sang meme se dresse au-dessus de la ville toute en pente le long d’elle. « La » mine de Potosi, c’est une seule et gigantesque termitiere percee de trous partout qui se vide de son argent (Ag) depuis les conquistadors. Nous, on se balade en ville dans les ruelles pavees (piano pour nos souffles enrhume pour l’un, nicotin pour l’autre), on repere un chouette cafe pour une petite pause. Le bois qui craque et la lumiere qui parvient a peine a l’interieur nous pousse a un mini concours de photos genre « nature morte ».

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On negocie chez Claudia (mais c’est plutôt Claudio qui nous recoit) une visite guidee de la mine pour le lendemain. Mathieu me trouve gonfle d’avoir negocie (et obtenu !) le discount. C’est l’occasion déjà des premiers achats souvenirs pour lui, et plus pragmatique, d’un poulet roti et d’une portion de riz chaud pour le soir. On sort de la ville a l’obscurite tombante a la recherche d’un vrai endroit de bivouac. On tourne et retourne a la recherche du « balneario », situe … apres le pont a quelques kilometres de la (cf. Lonely). Quel pont ?! Y’en a plusieurs. Bref, on n’a jamais trouve duquel il s’agissait, mais l’alternative degottee vaut bien les quelques parkings et stations d’essence des semaines precedentes : au sommet d’une colline, autour d’un cratere tout rond de vapeur transforme en un etang de 100 metres de diametre rempli d’une eau temperee a plus de 30 degres. Le poulet se fait avaler en quelques bouchees d’un des plus beaux diners depuis le debut. Et comme on est tout contents, on celebre ca par une serie de cliches de nuit prises avec le pied : le Def, le lac, les etoiles, le tout, … Grace aussi a la lampe a gaz que je trimbale depuis le debut et dont Mathieu vient enfin de m’apporter les manchons qui manquaient pour la faire fonctionner plus tot … Bref, il n’est pas tot quand on va dormir …

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29/07/2008

Etape 269 (19/05) – La Paz – Peaje avant Oruro

Reveil sans reveil encore (ouais, bon, je ne compte pas les ronflements de Mathieu) a plus de 9 heures … Suis encore creve, mais il faut partir. Douches et on descend chercher la voiture : pas de bol, faut le ticket et il est a la reception de l’hotel ! La deuxieme tentative est la bonne, on demarre et roule 150 m quand le premier flic decide déjà de m’arreter : je ne pouvais pas tourner ici. N’importe quoi ! Mon permis de conduire est reste avec les valises qu’on va chercher, alors on fait trainer un peu et on peut repartir sans encombre. Une excuse a reutiliser ca … On (essaie de) quitte la ville, mais on s’arrete faire quelques courses dans un supermarche assez classe. Moi j’attends dans la voiture pour voir Mathieu revenir les mains … vides ! Un garcon pousse le caddie derriere lui … Je laisse le volant pour stresser un max en essayant de ne pas le montrer. Mathieu ne cale pas, ne fait pas rugir le moteur, voit tous les casse-vitesses et ne klaxonne jamais. Ou est-ce l’oppose ? Le GPS (revenu apres sa non-reparation (comprends toujours pas)) indique qu’on part dans la mauvaise direction et la route disparait sous les paves, puis le sable (la terre en fait) : « Mathieu, fais demi-tour ». En redescendant, un garage un peu plus serieux que les trous noircis de graisse habituels trouves le long de la route me donne l’idee d’essayer : et si on essayait de faire reparer la serrure ici ? En plus le gars parle anglais ce qui facilite les choses. Il parle international, mais vit a la locale, c'est-à-dire que c’est pause (sieste) de midi et qu’il faut revenir dans 2 heures … L’occasion pour Mathieu de ne pas bruler un feu rouge ou caler … On pique-nique au parc en attendant … La reparation de fait assez rapidement et m’ote un enorme poids : on peut refermer la voiture a cles ! Et quand je demande de payer et que le gars me repond que je donne ce que je veux, je sors alors beaucoup trop d’argent sans trop m’en rendre compte : ca ne valait certainement pas ca, mais je suis tellement content … Bon, on retente par d’autres chemins de sortir de cette ville, mais c’est vers la lune qu’on roule ! En fait, la Valle de la Luna. Puisqu’on y est, on se fend d’une petite visite, occasion de sortir les 2 appareils photos aussi : une sorte de mini canyon boueux/rocheux tendre tres joli et tres escarpe et tres petit, qu’on balade a pied.

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La troisieme tentative est la bonne (on a demande le chemin) et demande en fait de remonter (super raide, le Def conduit par Mathieu ne rugit toujours pas …) tout en haut, de retour vers l’altiplano. De la, la vue sur la ville est remarquable : toute encaissee dans un gigantesque trou, c’est assez inhabituel : pourquoi etre venu s’urbaniser sur ces pentes alors qu’ici en haut c’est tout plat et immense ? Sont fous ces Boliviens … Apres le petit contrôle de police (Et oui Mathieu, ca risque de devenir une habitude ici …), nouvelle pose photos panoramiques.

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Dommage que le soleil se couche et plonge une bonne partie de la vue dans l’ombre. En route pour l’etape du jour alors que celui-ci s’en va. Et puisqu’il est tard, autant continuer dans la nuit jusqu'à destination (s’arreter dans le noir a 18h ou dans le noir a 20 h, quelle difference ?). Alors on s’engage dans une petite piste cahoteuse qui nous conduit au bord de la riviere, de l’autre cote de la colline qui nous separe de la route. On commence a monter le tout quand la moitie des hommes du village descend nous rejoindre et nous demande de partir. On comprend pas bien, z’ont pas l’air mechants pourtant. On pourrait meme lire une certaine crainte sur leurs visages … Mais niet, c’est niet et on n’a pas la place pour discuter dans leur assertivite. Pas content (moi en tous cas), on remballe et on degage. Pff … Alors on repart, fait une pause boustifaille dans un boui-boui (une « ritate » dans le vocabulaire Blondeelien, c-a-d, melange de riz et de frites et de poulet) et on repart jusqu’au premier peage. C’est la qu’on va bivouaquer pour la nuit, pres de la grand route et des camions, dans un endroit assez degueu. Ma crainte se confirme et je risque pas d’emmener Mathieu dans les endroits idylliques dont j’aurais reve. Et merde !

Et puis, … et puis … un tellement triste sms ce soir. Encore quelqu’un d’extraordinaire qui va nous quitter bientôt. Re-merde !!

Et Mathieu qui ronfle déjà et encore …

Etape 268 (18/05) – La Paz

Debout a 3h45, dans le taxi a 4h00, a l’aeroport … 15 minutes plus tard. Et merde, moi qui avais mis plus de 2 heures pour rouler de la jusqu'à mon hotel il y a 2 jours, ce matin, il le fait en moins d’un quart d’heure. Ok, les rues sont desertes (aucune voiture, meme parquee !!), mais tout de meme … Alors quand j’arrive dans l’aerogare et que je lis sur l’ecran que le premier avion atterrit a … 6h (!), je m‘inquiete un peu. Mathieu m’avait annonce 1 heure de moins et avait oublie de me dire d’où il venait … Alors j’attends, je tourne en rond, attends l’ouverture du Burger King pour m’acheter un cafe et chipote avec mon gsm … Les « attendeurs » (comme moi) arrivent petit a petit … Il est 6h45 quand Mathieu arrive enfin (dans les derniers !) : il m’embrasse ! 2 fois !! Mais c’est de la part d’Estelle et de Zoe … Il lui faut quand meme plus de 10 minutes avant de me « le » souhaiter. Mais a son ami, on pardonne tout n’est-ce pas ? Suis naze, mais tellement content de le voir … De retour en taxi (ben oui, j’ai laisse la voiture au parking : pas sur de trouver ce fichu aeroport et puis peur de laisser la voiture ouverte en attendant) a l’hotel, on opte de rester une nuit en ville de plus et on demenage dans … la chambre d’a cote ! Surprise classique, Noel avant l’heure comme dirait ma sœur, mais aujourd’hui c’est mon anniversaire alors ca peut bien : on ouvre la valise ! Des Deli-chocs bien sur (et autres bonbonseries), de la presse (Entrevue, Gala, Voici) recente, les livres que je m’etais commandes, des dessins des enfants, des messages ecrits parfois insolites et autres petites surprises. Merci !!

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On part faire une (petite) promenade en ville (souffle court a cause de l’altitude, des raides montees, de la fatigue, des cigarettes ?), puis on decide rapidement de s’octroyer un premier cafe. En fait, on repasse par l’hotel chercher les ordinateurs d’abord. Puis on passera la journee la, a discuter, boire des jus et cafes, surfer sur internet, reparer mon ordinateur (en fait reussir a installer le driver de l’ecran), en fait a tenir eveilles jusqu’au soir. C’est tres dur (mais tres agreable) pour tous les deux …

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Je recois aussi differents sms, appels et mails (dont un que je craignais un peu et auquel je ne sais vraiment pas quoi repondre) d’un peu partout dans le monde en ce jour particulier. Un rapide burger en fin d’apres-midi et on monte se coucher. A la tele, je ne me rappelle pas le nom de cette actrice alors j’attends le generique de fin de film … Anouk Grinberg ! Mais oui … Mathieu, lui, m’empeche de profiter de la fin par des ronflements encore jamais entendus ! Il a un rhume le pauvre … Me demande ce que ca va donner dans le Maggiolina … Ce sera pour demain, moi, je decide de tenter de m’endormir dans le vacarme. Il est … 21h00 … et Anderlecht a gagne la coupe !

Etape 267 (17/05) – La Paz

Reveil sans reveil, sans soleil … Grass’ mat’ quoi ! La fanfare joue déjà en rue, je l’entends depuis ici. C’est retransmis a la tele … Ah oui, j’ai allume cette tele encore … Je decide d’aller en ville voir de plus pres et manger un bout. Voir de plus pres va etre difficile : ils defilent en rue … derriere des paravents qui cachent des tribunes ! Impossible de voir, ca a l’air d’etre reserve aux VIP’s … Sont vraiment cons. Sorry, c’est tout ce qui me vient a l’esprit. Moi je me fais un burger en vitesse et remonte a l’hotel … classer mes photos et continuer le blog. Ces derniers jours, c’est un sacre travail (ouais, le dateur de l’appareil est deregle : est-ce qu’il n’a pas reconnu le 29 fevrier ou bien est-ce le passage du changement de date ? Sais pas et je cherche pas a le savoir, mais c’est un fameux bordel !)! J’en profite d’avoir de l’electricite en permanence, pas comme dans la voiture … La mauvaise nouvelle, c’est que je laisse la tele allumee ou on joue Titanic (en espagnol), puis Something about Mary en fond sonore … et visuel ! Bref, j’avance pas des masses et je m’en veux un peu. Dehors, c’est boum, boum, tsoin, tsoin qui continue … Alors en fin d’apres-midi, je me decide enfin a re-bouger et me caler dans le cafe d’en face a repondre a d’anciens mails et ecrire un peu. L’emmerde, c’est que je consomme cafe sur cafe sur coca (et un delicieux brownie). Alors quand je rentre, que j’ai encore regarde la tele, je ne parviens pas a m’endormir et il est 3 heures quand je mets mon reveil pour … 3h30 … et oui, chaque visiteur a la bonne idee d’atterrir a l’aube …

A cette heure, et meme plus en comptant le decalage horaire, j’ai … 34 ans ! Cette annee, ca passe mieux puisque ca fait 6 mois que je reponds « 34 » a « la » question …

Etape 266 (16/05) – Station avant Juliana – La Paz

Je voulais me lever tot, c’est (encore ?) rate, il est plus de 9 heures. Consequence du froid de la nuit par opposition au chaud de ce matin … Je redemare sur une route en moins bon etat, toujours parsemee de cailloux : ce n’était pas qu’un village qui manifestait, c’est toute une region qui se soulevait ! Mais le tant attendu lac Titicaca se fait apercevoir.

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Tout d’abord des marais, mais la bande bleue la plus loin, c’est bien lui. Arrive au village de Puno (autre Mecque touristique), je decide d’un ravitaillement et surtout je veux trouver une carte postale pour mes nieces ! Voiture sanglee et garee devant une banque gardee par des vigiles en arme (comme partout) je cours chercher tout ce qu’il me faut et reviens vers le Def assez anxieux : on n’a rien vole ! Je circule autour de la ville voir ce fameux paquebot anglais monte en train piece par piece depuis la cote (ce qui a fait du lac le plus haut navigable du monde ??) … Mais Mathieu arrive apres demain et je dois encore traverser la frontiere, alors je traine pas.

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Je longe tout le lac et ses terrains cultivables ou les vieux (y’a des jeunes ici ??) travaillent ou se reposent et ou des pecheurs partent le vent dans leur voile triangulaire coloree. J’aurai vu au loin ces iles flottantes habitees … Arrive a la frontiere, j’avance au milieu de la foule et des tricycles jusqu’au milieu du marche installe a cote du pont limite. Je confie la garde du Def a la vigilance de policiers (suis gentil avec eux quand ils sont utiles) et c’est parti pour les paperasseries. Pour la voiture, la sortie est facile. Pour moi (immigration), je ne fais que la premiere etape et c’est de l’autre cote du pont qu’ils m’indiqueront que je dois retourner au Perou completer la procedure (ce qui me vaudra de me faire engueuler par tout le monde quand je les depasse : c’est comme ca quand je suis enerve). La Bolivie a l’air moins contraignante que toutes ses precedentes collegues : aucun papier pour la voiture ! Y’a bien un flic qui veut me faire payer une taxe imaginaire dont je me moque un peu et que je laisse en plan. A la sortie de la ville, comme d’habitude, aucun panneau alors je demande mon chemin : c’est de l’autre cote. Le temps de faire demi-tour et le gentil soldat a qui je venais de poser ma question qui tend le pouce : « allez, monte » … Un contrôle plus loin (permis de conduire pour faire passer la voiture en transit) et c’est parti jusque la capitale ! Il commence a faire sombre et je distingue le coucher de soleil sur les montagnes enneigees en fond … L’arrivee en ville se fait dans le noir le plus complet. L’absence de signalisation m’emmene au milieu de la foule dense. J’avance au pas en manquant d’ecraser les gens a chaque tour de roue Quelle foule ! J’essaie de reperer au moins une chose qui puisse me relier au plan de mon guide et m’orienter, mais que dalle … Alors je tourne et retourne, sors de la ville, remonte jusqu'à ce que … je distingue une immense vallee, bien en bas du plateau ou je roule depuis 2 jours (l’Altiplano). Au fond, des tours et ce qui ressemble a un centre ville tout eclaire. Enfin ! La desente a travers les ruelles est vertigineuse et je retombe sur un … marche ! Devant moi, la dma e se fait voler son sac a main par une canaille : ca promet d’etyre aussi gai qu’au Perou ici ! Au moins, ca me conforte dans l’idee que je dois absolument trouver un parking ferme pour la nuit. La bonne nouvelle, c’est que je sais enfin ou je suis !! Les premiers hotels et parkings sont complets et il faudra 3 etoiles pour trouver le service que je voulais … Bon, la voiture sera bloquee demain toute la journee parce que c’est defile et fete dans la rue, mais je m’en fous un peu, je ne compte pas bouger … Une equipe de filles rentre a la reception en meme temps que moi, je les revois sur l’ecran de la tele quelques minutes plus tard, une fois dans ma chambre : elles viennent de remporter le tournoi de volley-ball. Elles feront la une de la presse le lendemain dans les kiosques. Mia je zappe vers d’autres programmes pour m’endormir …

Etape 265 (15/05) – Peaje avant Santa Rosa – Station avant Juliana

Comme je suis coince ici ou 60 kilometres plus loin pour la journee, je prends mon temps ce matin. Je lis meme dans mon « lit », quand « toc, toc : ce sont les gars du peaje qui viennent faire causette. Ils racontent alors que des bus aux vitres cassees sont passes pendant la nuit et qu’il y a eu un mort a la manif … Hum … Ca ne me rassure toujours pas sur ce pays pourtant decrit si pacifique par les touristes, ce qui ne correspond decidemment pas a mon experience … J’espere au moins que ca va se calmer quand je serai avec Mathieu ou avec Marie-Laure … En attendant, je verifie les niveaux de toutes les huiles du moteur et en rajoute la ou il faut (en « glettant » ? Oui …), je nettoie le pare-chocs arriere pour y coller ma bande rouge et blande fluorescente achetee au Panama (beaucoup de voitures ont ca ici), j’entretiens mon filtre a air, bref, je m’occupe jusque passe midi …

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Puis je reprends lentement la route apres avoir fait largement au revoir a mes copains. La file de la veille est encore plus longue, remplie de camions et de bus surtout. Je me gare en retrait, de crainte d’etre reconnu par les sorcieres vandales et voyouzes de la veille. Je reconnais des belges passer devant moi a leur accent flamand (« Kijk eens, ie komt van Waver … ») : ils disent pas bonjour. Alors c’est devenu ca les belges en mon absence ??

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Apres avoir une nouvelle fois ferme la voiture avec ma sangle (he,he), je remonte la longue file a pied jusqu’aux « barricades » : c’est la fin, ils se rangent en files … indiennes (!) pour demarrer une marche, mais derriere, le bulldozer est la pour degager la route … Alors je remonte a toute vitesse vers la voiture au milieu des gaz d’echappements des camions. Il faut traverser la ville apres … la riviere : un bus s’embourbe. Les 4x4 le depassent, les autres attendront … Mais il commence a faire noir déjà et plus loin, la route est de plus en plus encombree de rochers de tailles diverses : c’est hyper dangereux alors je repere un camion qui roule a ma vitesse plus ou moins et ne lache pas ses 2 phares arriere rouges qui zigzaguent a chaque obstacle. Une heure plus tard, je trouve une station service qui m’acceptera pour la nuit. Je ne parviens pas a m’endormir, alors je fume des cigarettes par la porte ouverte …

Etape 264 (14/05) – Cusco – Peaje avant Santa Rosa

Je pars pour un vrai petit dej européen dans ce paradis de touristes (un breakfast anglais avec des œufs et du bacon) en attendant le retour de ma lessive et puis plus loin en ville pour combler le manque de photos de mes balades de la veille sans appareil. Je découvre alors les recoins plus incas que je n’avais pas trouve : ces murs sont fantastiques de qualité. Pourquoi choisir des pierres aussi mal fichues et de différentes tailles (12 faces latérales) alors que c’est pour les polir avec tant de précision qu’elles sont disposées jointives, c.-à-d. sans mortier.

La voiture (et les fringues) récupérée(s), je pars vers le Lac Titicaca. Mais que ces villes sont mal fichues avec leurs routes principales qui mènent ensuite toujours vers des culs de sac. Et toujours pas de plaques indicatives … C’est bien un cote de l’Amérique du Sud qui commence à m’énerver. Mais, comme d’habitude, les décors sont alors tellement beaux après que je l’oublie vite cette frustration.

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Je circule maintenant sur une route en état impeccable, jamais très loin de la voie de chemin de fer a travers ces immenses étendues semi montagneuse de l’Altiplano, pâturages des lamas (et variantes) gardes par ces bergères si typiques avec leur balluchon colore sur le dos et leurs chapeaux distinctifs (formes différentes avec tendance vers le chapeau melon trop petit et incline dernièrement). Au peaje situe en pleine douce ascension, le gars de la cahute m’indique que la route est coupée a 80 kilomètres de la. Je ne comprends pas tout de suite et c’est quand il croise ses bras ponctue d’un « protesta » que je comprends plus ou moins qu’une manif a éclaté dans un village identifie ensemble sur la carte. Il m’indique tout de fois une piste alternative à emprunter quelques 30 kilomètres avant. Entretemps, des cailloux sont « oublies » sur la route : quelques gros ou quelques centaines de petits. Je poursuis pourtant sur la route principale en me disant qu’il a peut-être simplement exagéré ou que je n’ai pas compris ou que dans le cas inverse, je verrai au moins quelque chose d’inédit.

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Et de fait, quelques camions et autobus sont alors arrêtés au beau milieu de la campagne, les passagers résignés à attendre qui tournent autour. Moi, intrépide, je dépasse tout le monde pour m’approcher de la protesta-tion. Deux monticules de terre barrent en effet la route surélevée et quelques centaines de gens sont rassembles derrière. Mais le Def, il peut la contre, alors je plonge sur le cote pour contourner l’obstacle et tenter de continuer ma route en restant à l’écart.

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C’était sans compter sur la réelle colère des gens qui sont bien décidés à garder leur barrage hermétique. Quelques dizaines d’entre eux courent alors vers moi pour faire obstacle et les plus hargneuses d’entre elles (parce que ce sont exclusivement des vielles femmes) commencent à ramasser des cailloux pour les jeter contre la voiture. Je m’arrête pour tenter d’expliquer … je sais pas … quelque chose, mais les cailloux ne cessent pas et les premiers font toc toc sur la carrosserie. Alors je fais un large tournant en faisant crisser les pneus, fonce dans un premier temps vers la foule pour terminer mon virage vers un demi-tour de fuyard. Mais plus loin, le talus de la route est devenu plus raide. Alors je m’arrête quelques instants a la recherche d’un passage de retour vers le goudron En même temps je devise les folles qui a cent mètres de la continuent de lancer leurs cailloux avec des frondes et qui roulent gentiment jusque la voiture. J’ai maintenant remonte toute la file de badauds dont certains se décident alors à m’indiquer un endroit de « remontée » sur la route. En fait des locaux intéressés par un voyage en stop vers l’arrière. L’un d’entre eux grimpe a bord et je le depose quelques kilometres plus loin. Moi, je rejoins l’embranchement de la piste et je prends une petite vieille a cote de moi. A une dizaine de kilometres de la, au milieu de nulle part, elle desire descendre. Je ne la vois meme pas disparaitre … Je continue de suivre mon ruban rouge de chemin a travers les collines rondes et vertes quand une demi-heure plus loin, un minibus me rencontre. On s’arrete : la piste est barragee elle aussi ! Et meeerde ! Moi qui voulais arriver a La Paz avant le week-end (pour reparer la voiture), c’est loupe je crois. Resigne, je fais demi-tour et redescends jusqu’au peaje pour passer la nuit (dans le froid : il est encore 4,300m de haut !). Les flics sont assez sympas, mais disparaitront au milieu de la nuit …

Etape 263 (13/05) – Cusco

Je quitte l’endroit assez tot, rejoins le centre et trouve un parking ferme (garde par des cochons et un vieux Def !) ET un hotel assez vite. Suis assez content de moi.

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Je pars faire un tour dans le vieux quartier juste a cote et en profite pour me renseigner sur les excursions au Machu Picchu, maitresse visite du coin (du continent ?). Les nouvelles ne sont pas bonnes : pas moyen d’y aller en voiture (il n’y a pas de route), il faut prendre l’unique train de la journee a l’aube qui coute un prix exorbitant (180 USD) ! Nouvelles pires chez les (nombreuses) agences touristiques du coin : renseignemenets pris aupres de la gare, il n’y a plus que la categorie luxe de disponible pour le lendemain (encore 50 USD de plus) … Sms a Marie-Laure qui confirme : « Le matchoupitchou, c’est plus beau de loin ». Facile de laisser cette difficile decision a d’autres …

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Alors je continue mes balades en ville et en profite pour updater un peu plus le blog depuis l’hotel. Et la journee se passe ainsi, entre regrets et colere sur cette privatisation recente qui a multiplie les tarifs. Mais la ville est si belle que je pardonne tout. J’en profite aussi pour faire faire une lessive par une de ces nombreuses laundry pour touristes. Et pour avaler la stupeur de la nouvelle du jour, suivie en direct sur internet : Justine a confirme dans une conference de presse son retrait de la competition. Bizarre de realiser froidement que cette nouvelle me touche plus que les titres lus ci et la sur les catastrophes humanitaires a la mode en Asie (La tornade en Birmanie puis le tremblement de terre en Chine). Mais je me laisse aller (je veux dire sans trop culpabiliser) a cette injustice socio-illogique.

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Etape 262 (12/05) – Peaje - Cusco

Reveil a 9 heures, pas mieux evidemment … Et il fait toujours froid. Alors, apres avoir pris mon courage a 2 mains (c'est-à-dire 2 clopes et une demi heure plus tard), je parviens a m’habiller, ranger puis sortir. Brr … Je pars de suite (pas beaucoup roule hier : j’ai une longue route qui m’attend aujourd’hui) … La route continue sur les plateaux herbeux et c’est tres agreable (des lamas partout, des lacs, des sommets enneiges au loin, des vues superbes entre les nuages assez obscurs tout de meme et puis, la route est en bon etat et tourne un peu moins).

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Mais ca ne continue pas et il faut redescendre en lacets assez vite, pour remonter. Pour redescendre, etc … Les vues sont a chaque fois splendides evidemment. Les gorges, les ponts, les villageoises en habits (et chapeau !), les lamas sur le bord de la route ou sur la route ou … dans le camion, les gamins qui jouent bergers, les travailleurs qui dorment sur la route a midi, les camions qui se renversent dans les tournants (comment ils font ?, ils roulent si lentement …), les 2 fous (hollandais sans doute) qui grimpent a velo avec une petite remorque chacun, les anes, etc. Et ces montagnes qui sont gigantesques …

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A midi, je decide d’un petit restau au village. Pas moyen de fermer la porte a nouveau (comme quoi, ma theorie …). Et meeerde ! Ils ont force (casse) la serrure hier … Et comment je vais faire moi ? Je peux plus quitter la voiture ? Pour l’instant je me debrouille en me garant juste devant le restau et en m’asseyant pres de la porte, mais comment je vais faire au Machu Picchu ? Ou bien quand je vais aller chercher Mathieu a l’aeroport ?? Et personne ne pourra reparer ici. J’essaierai quand meme, on verra bien … Je passe l’apres-midi sur la route, il commence a faire sombre et j’ai encore une heure de route pour Cusco.

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Si je trouve un chouette endroit je m’arrete, sinon, je poursuis jusque la-bas. La derniere demi-heure dans le noir complet est assez dangereuse : les tricycles et les vaches n’ont pas leurs phares allumes ! Et il y en a partout ! Et comme ici, les stations service sont minuscules, je trouve un hotel avec garage ferme un peu hors de la ville. Je « condamne » ma porte conducteur de l’interieur avec une sangle et je sors par la porte passager : nom de dieu, y’a pas moyen de fermer a cle a partir d’ici … Mais c’est pas vrai … J’embarque tout ce qui est precieux et previens la receptionniste de faire doublement attention … Je m’enferme dans ma chambre vous raconter tout ceci … Bonne nuit !

Etape 261 (11/05) – Nazca - Peaje

Ben, j’ai bien dormi sur ce parking. Et puis il a l’air de faire beau. Et enfin, ils vendent des tickets pour l’avion a l’hotel et c’est pas cher. C’est une belle journee qui commence. Je goute mes « special K » achetes pour petit dej eventuels : degueu (donc pas comme chez nous du tout). Douche chaude et froide et quelques messages mails avant d’embarquer dans le pick-up de l’endroit. Direction : l’aeroport ! Bon, faut bien attendre une demi-heure, mais c’est pas grave. C’est plein de touristes et – o malheur ! – l’accent hollandais pourrit l’endroit … J’apprends a un couple a se servir de la fontaine a eau. Ah ben, c’est justement eux qu’on appelle avec moi. Arrive a l’avion, je dois rentrer le premier : bon signe parce que c’est toujours le passager avant qui rentre d’abord. Je serai donc assis a cote du pilote ! Et c’est parti. Il a ses mains sans arret sur les nombreuses manettes, ce qui n’est pas rassurant ? Je sais pas … Mais je me surprends a plus regarder le pilot(ag)e, que les decors. On arrive au-dessus des « lignes ». C’est une immense plaine (pampa) de plusieurs centaines de kilometres carres, tres plate et couverte de cailloux fonces. A priori, rien a voir … Mais en y regardant de plus pres, on distingue des dizaines de lignes ou de formes geometriques de centaines de metres de long. En fait realisees en enlevant la couche de cailloux et laissant voir le sol naturel. Et puis en y regardant de plus pres, il y a des dessins aussi (mais faut bien regarder : les photos que je montre sont hyper contrastees). Pour les explications … ben … c’est un grand mystere. Celle qui me seduit est celle qui raconte que – en raison des nombreuses eclipses aux temps des incas (cf Le Temple du Soleil ?) – la lune en face du soleil faisait penser a un oeil des dieux, alors on leur a fait des dessins tres grands pour qu’ils puissent les voir … Joli non ?

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 Le pilote n’hesite pas a faire pivoter l’appareil dans tous les sens, ou faire de courtes courbes pour bien nous montrer … Ouais, on a vu. Pas besoin de me balloter l’estomac comme ca … C’est qu’il va me gacher le plaisir d’etre venu s’il continue comme ca. J’avoue que je suis bien content quand je retouche le plancher des lamas … Je regrette vraiment pas d’etre venu m’sieur ! Allez, retour direct a l’hotel chercher la voiture, petite sieste pour me remettre des emotions, puis direction le centre ville pour me remplir correctement l’estomac. Je me gare comme hier, sur la place principale, puis pars a la recherche d’une boulangerie (ils ont des croissants delicieux ici !), mais je trouve pas. Un boui boui alors ? Je me balade au hasard des ruelles puis retombe sur le restau d’hier. Exagere, mais tant pis, c’était trop bon … Rempli en bas, rempli en haut, mon estomac reste vide. Je me retrouve sur la place … Je vais tenter l’autre cote. Un klaxon de voiture sonne … Par reflexe sans doute, j’essaie d’apercevoir si ce n’est pas le Def, a 100 metres. Pendant un quart de secondes, je ne reagis pas. Puis quand je comprends que c’est « ma » porte conducteur qui est ouverte, je pique un sprint comme jamais (dope aux globules rouges fabriques pendant ma nuit a 4,200 m). Je bouscule des gens sur mon passage je crois et je peux apercevoir quelqu’un qui met mon sac a dos dans un sac en plastique jaune et qui s’en va. A la moitie du trajet, ils se retournent et commencent a courir aussi. A ce moment j’ai une haine comme jamais je n’ai eue : j’ai envie de les immobiliser. En fait, pour la premiere fois de ma vie, je suis prêt a frapper, a me battre, a les « eclater ». Drole de sensation, mais qui rassure a vrai dire : je n’ai jamais su si un jour - si (quand) c’était necessaire - je serais prêt a « ca » … Alors je les rejoins et en pleine course, je bouscule celui qui tient mon sac. Les deux tombent. Un repart et je ramasse le second pour voir ce qu’il y a dedans : mon sac a dos et mon appareil photo. Les autres detalent au loin et n’ont pas l’air d’avoir pris autre chose … Je fonce vers la voiture verifier le reste : tout a l’air d’etre la … Putain !!! Nom de dieu de merde !!! Et les gens qui commencent a s’agglutiner autour de moi. « Qu’est ce que vous voulez ? Vous pouviez pas reagir non ? ». Je gueule pour me soulager, mais de colere aussi. Quel pays de merde ! Les flics m’arretent et moi j’arrete les voleurs … C’est pas logique … Alors je reprends le volant et m’en vais loin d’ici, le cœur battant de la course, de l’envie de frapper et puis petit a petit parce que je commence a me rendre compte de la chance que j’ai : tous mes papiers et ceux de la voiture etaient dans ce sac ! Mais putain, sur la place publique, devant tout le monde en plein jour !! Quelle chance ! Et quelle reaction ! Je n’en reviens pas de leur avoir fait peur … J’ai plus faim … Et je commence  regretter de ne pas les avoir poursuivi et demoli … Faut pas exagerer Fabian …

Bon, je quitte la ville, passe devant l’entree vers les aqueducs que je voulais visiter, mais l’envie de partir loin d’ici est plus forte. Et je commence la longue route a travers la montagne vers Cusco. Comme la fois passee, les 2 premiers milles metres sont dans des collines purement minerales sans vegetation (avec la plus grande (haute ?) dune du monde au loin : plus de 2,000 metres !). J’ai quand meme faim, alors je m’arrete a l’ecart me preparer a manger).

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 Puis c’est un premier plateau un peu plus vert : la pampa ! Grande surprise : mes premiers lamas (ou quelque chose comme ca … peut-etre des alpagas, je sais pas …) ! Mais l’obscurite arrive et – au milieu de nulle part – un peage sur la route. Il y a des flics et ils vont rester pour la nuit. Ils sont d’accord que je loge, mais previennent qu’il va faire froid (suis encore a 4,000 m). Autour, quelques maisons de terre (comme partout ici) et une vingtaine de villageois qui font la fete juste derriere le mur ou je suis gare. C’est gai a entendre comme ils s’amusent et rigolent ensemble. Puis tres vite, c’est le noir complet, et le froid qui arrivent : je rentre dans ma tanniere et je me rends compte que je ne parviens pas a fermer la voiture a cle. Tant pis, ca marchera peut-etre mieux demain (bonne vieille theorie qui a l’avantage de parfois fonctionner !). Il est 18h et j’essaie de m’endormir en me repassant la journee … Evidemment, a minuit je me reveille et n’ai plus sommeil … Classique. Il est 3 heures quand je replonge …

Etape 260 (10/05) – Pisco - Nazca

Toute la nuit, les chiens se reveillent et aboient, j’entends des petards dans la rue (ou des coups de feu ??) et ce matin a l’aube, les travailleurs sont de retour au-dessus de ma tete …

Reveil de mauvaise humeur : mais quel bete hotel ! J’ai bien envie de ne meme pas le payer, j’aurais mieux dormi dans la voiture … Bon, allez, je prends une douche tout de meme avant d’aller recuperer ma voiture, gar(d)ee pour la nuit a 500 metres de la dans un enclos ferme. A la reception de l’hotel, il n’y a personne, alors j’applique unilateralement (a la flamande ?) un bon compromis a la belge : je laisse (un peu plus que) la moitie de la note et je m’en vais. De retour sur la Panamericaine, il y a tres vite un panneau signalisant cette fameuse reserve de Paracas ou je voulais me rendre hier … Pff … C’est encore un tour en bateau voir des iles, des oiseaux et des phoques ?? Merci, j’ai déjà donne. Et plus d’une fois ! Mais c’est vraiment trop con, c’est a 17 km, alors au dernier moment, je tourne le volant pour quand meme aller voir … Ouais, c’est bien ca : les quelques touristes et les plus nombreux racoleurs a touristes sont la au port … Mais c’est une presqu’ile aussi, alors je tente le coup en voiture. La route ne mene a rien et je dois traverser une sorte de terrain vague le long de l’eau. Au loin, une route et une moto sur la route qui m’attendent : j’ai resquille (passe le contrôle ticket) sans le savoir (Squiouzze me). En ordre de paiement, je prolonge sur le macadam jusqu'à une bifurcation vers une piste. A partir de maintenant, c’est le pied total !

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Je longe les cotes, falaises et plages en alternant la conduite sur piste et hors piste au milieu de decors desertiques fabuleux et l’observation aux jumelles d’oiseaux fascinants (condors, pelicans, etc. C’est certainement pas ca, mais ca y ressemble). Y’aura meme des lions de mer …

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Je decide de me perdre a plusieurs reprises pour mieux me retrouver, je descends des grandes dunes (un peu d’apprehension tout de meme a la premiere) ou m’approche de falaises ou meme de la plage a midi pour pique-niquer (dans la voiture, a l’abri du vent pour le camping gaz). Sieste et c’est reparti. Et dire que j’hesitais ce matin … En tout, j’aurai roule plus de 100 kilometres dans ces dunes (ouais, bon, c’est pas vraiment du sable de bac a sable non plus … y’a une bonne portance, meme si la voiture derape parfois quand je roule trop vite en tournant …). C’est déjà le milieu d’apres-midi quand je retrouve la Panamericaine en direction de Nazca. La route est splendide a travers les etendues desertiques (le Lonely indique que c’est monotone : vraiment un bouquin pour backpackers ca …). Sur le cote, on voit ces gigantesques quantites de sable et de roches former des montagnes de toutes les formes courbes ou saillantes possibles. La route est toute droite et plate, sauf pendant quelques kilometres ou un conducteur a oublie de debrancher son pilote automatique. Resultat : le camion couche en plein milieu du tournant est un veritable danger. Me fais aussi arreter par un flic un peu plus loin et – devenu classique – « c’est quoi la monnaie en Belgique ? Je pourrais en avoir ? » Mais y m’enervent !!

Un peu avant Nazca, les premiers panneaux signalent les fameuses lignes. Mais le soleil est couche déjà. Mais je m’arrete quand meme pour grimper sur un mini promontoire rocheux. Mais je ne vois rien. Mais … mais ?! Bon … on verra demain. Le projet, c’est toujours d’esperer qu’il fasse beau, esperer que je trouve un endroit ou on vend des tickets pour la journee, esperer que ce ne soit pas trop cher et puis enfin … esperer que le pilote ne sera pas trop mauvais. J’avoue que c’est autant pour le tour en avion que pour les lignes elles-memes … En ville – parce que j’ai eu une chouette journee et parce que je commence un leger mal de tete et que j’ai besoin de bonne nourriture – je me fais un restaurant succulent (4 brochettes de viande parfaite assis en haut sur la terrasse dans le coin avec vue sur toute la place dehors et toute la salle dedans. Parfait … Comme je l’aime …). Puis je repars en dehors de la ville rejoindre cet hotel renseigne qui a les avantages d’accepter les campeurs et d’etre situe juste a cote de l’aeroport … Et puis d’avoir un super wi-fi aussi !

Moi je vais me coucher apres avoir update (un peu plus) le blog …

Etape 258 (08/05) – Apres Lima - Pisco

Waow, j’ai du bien dormir puisqu’il est presque 9 heures quand j’ouvre les yeux … Oui, decidement, je m’y fais a la voiture … Croissants d’hier soir au petit dej et je repars (demi-tour sur l’autoroute) vers le Sud …

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 Ici c’est l’autoroute. Toujours a travers le desert (fais jaune dans le ciel, pas moyen de faire de photo convenable) et le long de l’ocean : il y a des dunes gigantesques, mais vraiment ! Je ne voyais pas du tout le Perou comme ca … Sur la droite, un immense chantier d’une usine LNG. Avec une jetee en construction je crois (je vois pas) : une pour laquelle Besix a failli remettre prix. Ben, j’aurais bien voulu venir ici moi ! J’arrive a Pisco vers midi : c’est decide, aujourd’hui c’est douche, blog et repos dans un hotel ! La ville est en ruines … dommage. On dirait qu’il y a eu un tremblement de terre (ce qui expliquerait l’immense message a l’entree : «  Gracias Sr Presidente por la reconstruccion de la ciudad » ou un truc dans le genre). Je m’installe dans le restaurant (fenetre sur la cour interieure) pour la journee. D’abord tout seul, avec cafe chaud et coca froid (j’adore ce mix ! Avec une bonne cigarette en plus !), puis ensuite avec un groupe de touristes americains qui mangent, puis qui se mettent a jouer a la guitare. C’est sur, jamais je ne partirai en tour organise !! Je le savais déjà, mais c’est confirme … Vais dormir quand toute cette ambiance hysterique (avec claquements de mains et tapements de pieds) s’est calme et que les gentils organises sont epuises … C’est-a-dire tres tard …

Etape 259 (09/05) – Pisco

Et ce matin, les memes recommencent a … 6h30 du matin !! Il leur faut leur petit dej avant de prendre le bus pour l’excursion de la journee. Est-ce que j’arriverai a les pardonner d’avoir oublie de considerer qu’ils n’etaient pas les seuls dans l’hotel ou meme les seuls au monde ?! Faut croire puisque je demande a la reception de passer une deuxieme nuit ici. Le blog a bien avance hier et je me sens bien ici. Et … il fait degueu brouillardeux dehors. Et que nenni, c’est complet. Et merde … Et je recupere ma voiture pour partir a la recherche d’un hotel. Le suivant est complet, moi je suis naze. Le troisieme est naze, mais je l’accepte. Il fait silencieux quand je traverse la rue pour visiter la chambre. Il fait inaudible quand j’ai accepte les cles et me suis allonge pour recuperer les quelques heures de sommeil loupe : il y a des ouvriers juste au-dessus de la chambre qui ont decide de rajouter un etage a la maison. C’est affreeuux … Et je vais manger, et j’en ai marre, et je ne blogue pas du tout, et j’attends que ca passe, et, quand le soir et le calme (re)viennent, ce sont mes voisins de chambre qui finiront de gacher ma journee … Ben ca arrive … « Shit happens ». F. Gump.

Etape 257 (07/05) – Lago de ?? – Apres Lima

Brrr … L’a pas l’air de faire tres chaud dehors. Pas trop envie de sortir de mon sac moi. Toujours la meme chose le matin, comme a la maison en hiver. Alors, protege dans mon gros pull bleu marine (fait partie de mes vetements fetiches celui-la, un peu comme ma chemise rouge), je me rechauffe et m’essouffle a tout replier.

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Et quand il s’agit de demarrer, … Rien … Silence … Batterie a plat … Comprends pas : ok, j’ai pas eteint le transfo pour la nuit, mais il n’y a aucun appareil de branche !! Meeerde … Bon, a priori, ca sera pas difficile de trouver une « descente » pour demarrer la voiture a cette altitude, mais il y a un faux plat de 50 metres avant que ca ne degringole dans la vallee … J’appelle bien le gardien a l’aide, mais pousser mes 3 tonnes a nous deux, ca le fait pas vraiment. Alors, sorties de nulle part, 2 tetes emergent a 5 metres de moi, sur le sentier en contrebas. Quel bol ! Ca va beaucoup mieux du coup. Premiere descente, ca demarre pas et je me retrouve a nouveau sur un faux plat. Sont pas contents mes « pousseurs ». A la deuxieme tentative, ca demarre tout de suite. Je fais un signe de loin et disparais sur mon chemin. Un auto-stoppeur de plus pour ce matin (« Cesar », lui, j’ai retenu son nom). Ils me demandent tous si je suis touriste ou photographe. Au debut, j’etais honnete, maintenant, je trouve ca hyper cool de dire photographe. Plus tard je dirai Ingenieur ou meme Professeur. En fait je cherche un truc qui fasse pas trop riche et que je peux traduire en espagnol. Longue descente jusqu’au village ou je fais une pause. Et c’est reparti au bout de la vallee principale, sur une « vraie » route a present. La vallee devient plateau et au loin, c’est toute une chaine de sommets blancs qui se detache du ciel. C’est grandiose. Je repense a mes lectures style « Premier de Cordee » ou « La Neige en Deuil » et me reprend l’envie d’une fois partir « en course » avec des guides et des cordages. Tout ce que je connais, c’est la randonnee avec sac a dos … Plus de villages tout a coup, c’est vert pourtant. Fini les rochers jaunes et oranges et gris.

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Au bout, au col (a 4,000 m d’altitude), la route plonge brusquement vers le bas. Ici non plus je n’ai pas compte le nombre de tournants. Mais ca m’aurait pris quelques heures avant d’arriver au bout du compte. C’est l’inverse d’hier (mais sur une vraie route) : des paturages bien verts, puis des cailloux avec cactus, puis les rivages verts de part et d’autres du rio. C’est tellement beau ici … Et puis, je ne parle pas beaucoup de ces femmes habillees en costumes traditionnels et qu’on croise partout. Avec leurs chapeaux en cuir … Meme si elles ne sont pas tres belles, elles sont hyper classe. C’est un peu comme une femme en cravate, moi j’aime bien … Non, serieux, c’est assez deconcertant ces chapeaux de travers … Entretemps, je suis arrive en bas, de retour sur ma panamericaine … Me suis repris plus de 4,000 m de deniveles aujourd’hui, mais dans ce sens ci, c’est beaucoup mieux … Je continue jusque Lima puisque je suis en forme. Je prendrai un hotel ce soir ! Ouais … suis tellement en forme que je l’ai grille celui-la … m’en rend compte en plein milieu du carrefour et puis les coups de klaxon me l’auraient indique si je ne m’en etais pas rendu compte moi-meme. Puis, pour etre bien sur que je sois au courant, ce sont des gyrophares qui me rattrapent … Et meeerde ! Avec la plaine, les emmerdes. Por favor, I am sorry. Si, je l’ai vu, mais too late, trop tard. Le ferai plus M’sieur l’agent … Mais non, il ne faut pas me confisquer mon permis. Oui, oui, je lis comme vous dans votre livre que c’est la sanction … Quoi ? Gasoline ? Oui, j’en ai … Vous pas ? Ah !! Vous voulez de l’argent pour aller faire le plein ?? Ben tiens … On me l’avait jamais faite celle-la … Et pas de bol pour moi, a part quelques piecettes sans valeur, je n’ai plus que des billets de grosses coupures (ca vient d’où ce mot ? Coupure ?). Bon, ben ce sera 100 sols alors … Allez, tchao. De retour sur la route, je rale sur la terre entiere et surtout sur moi-même : je me suis encore fait avoir. Et, comme a chaque fois, je me repete les bons reflexes a avoir dans ces situations. Mais bon, voila un supermarche : pourrai y faire quelques courses et peut-etre trouver un endroit pour la nuit dans le parking (ben oui, plus d’hotel puisque je biens de perdre au jeu) … M’achete quelques croissants et des pommes (non, maman, je ne raconte pas ca pour te faire plaisir) mais decide de repartir : trop bruyant ici … Hop la, je tourne a gauche pour me remettre dans le bon sens … Et hop la, Mademoiselle l’agente qui gonfle ses joues pour faire vibrer la boule de son sifflet. Mais c’est pas vrai ! Deux fois et je suis meme pas encore au centre ville … Avec elle au moins, un beau petit sourire et ca va passer. Je sors le grand jeu et lui montre ma carte du monde (un peu comme certains montrent des estampes japonaises) et ca marche, elle rigole et est pleine d’admiration. Mais son « chef » arrive. Lui il en a rien a foutre, il me sort le meme petit livre que tout-a-l’heure et veut aussi garder mon permis en souvenir. Alors je discute et fais prolonger … Il s’enerve et demande mon passeport. Alors moi aussi je m’enerve et surtout … je me souviens ! Oui, ce que je me repete a chaque fois … apres. Cette fois-ci je me souviens. Alors je prends mon crayon, et je les fixe … Je note alors leurs noms et je n’ai pas fini d’ecrire que mon permis et mon passeport sont de nouveau dans mes mains avec un sourire et un « Feliz Viaje » … Bande de cons ! Tous les trois. Eux, parce qu’ils sont vereux, et toi, Fabian, parce qu’il a fallu quelques fois déjà avant que tu ne trouves enfin les bons reflexes ! Suis hyper enerve, alors je mets la musique fort et decide de conduire jusque hors de cette ville maudite. Tant pis pour ces clochers illumines que je distingue au loin … A nouveau dans le desert et apres quelques stations service, j’en trouve une a mon gout, fais le plein et m’installe pour la nuit. Je commence a m’y faire a dormir dans la voiture …

Etape 256 (06/05) – Apres Trujillo – Lago de ??

J’ai quand meme eu du mal a m’endormir hier soir. Le fait d’avoir été reveille malgre moi ? Sais pas … Mais ca m’a donne un peu l’occasion de revenir sur mon « arrestation ». Je me rends compte que meme si j’ai été un peu nerveux quand il a fallu les suivre, j’ai eu bien plus peur a d’autres occasions : mon plantage dans le sable, mes traversees de rivieres, ma rencontre avec le veau. En fait, tout ce qui concerne le Def. Ce n’est pas que je sois sentimentalement attache a lui. Non, c’est que ce sont la des situations auxquelles je ne peux rien faire (5 ans d’ingenieur tout de meme !!). Je manipule mieux 4 flics qu’une fuite. Et je rale de ne pouvoir aller ou je veux. Et c’est vraiment con, parce que des endroits de bivouac, il y en aurait des tonnes ici. J’espere serieusement que toute l’Amerique du Sud ne sera pas pareille.

Mais bon, faut quand meme repartir ce matin … Et qui arrive ? Mon copain d’hier soir, celui qui a fourre mes doigts de chaque main dans son nez a la recherche d’odeur de marijuana. Que Tal ? Ben, moi ca va et toi ? Comme quoi, chatouillez vous le nez le soir, et vous serez potes au reveil (plein d’analogies a faire avec cette phrase) …

La Panamericaine est pareille : desertique, qui sillonne entre les dunes ou qui traverse des villages toujours aussi sales et animes de bus et tricycles. Mais aujourd’hui, je la quitte temporairement, je veux aller voir cette « plus belle montagne du monde » indiquee sur ma carte, dans la Cordillera Blanca. Avant ca, les flics m’arretent a nouveau, mais c’est juste pour dire bonjour. Ca permettra de confirmer mon chemin pour la suite.

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Tout d’abord je longe la riviere. Le terme oasis n’a jamais été si bien illustre : une bande bleue pour la riviere, 2 bandes vertes le long pour les cultures (mais, coton, riz, …), puis de la rocaille seche partout autour. Et ca monte doucement sur ma route macadamisee. Les cultures disparaissent, seuls des cactus representent l’espece vegetale a present. Une barriere clot le passage : encore un contrôle, faut juste dire ou on va et ca s’ouvre.

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Et derriere, c’est la piste qui commence. Pas en tres bon etat, mais de tres bonne qualite panoramique. Chaque tournant m’etonne. La pente se raidit et la vallee se retrecit (comme c’est souvent le cas) et je me rends compte petit a petit que je suis en train de rouler sur ce qui sera ma plus belle route jusqu’ici. C’est grandiose. J’ai déjà vu des montagnes, mais jamais aussi grandes et hautes, ou de gorges aussi profondes. Sur le cote, des tunnels sont creuses dans les parois pour laisser passer les voitures et … les bus ! Mais qu’est-ce qu’ils foutent ici ceux la ?! Et ca et la, des « gueules noires » descendent a pied : on reconnait les mines de charbons aux traces noires laissees sur la route par les camions de chargement.

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Les tunnels, eux, sont a flanc de colline plusieurs dizaines de metres plus haut. Et ca dure des heures. Parce que c’est lent, mais aussi parce que je m’arrete souvent tenter une « super » photo … C’est mineral, mineral ici. Mais y’en a de toutes les couleurs … C’est vraiment impressionnant. Et il faudra de longues heures pour que j’arrive au bout de ces 60 kilometres de piste. Et puis la mine tristounete du p’tit vieux me fait craquer : timidement, il avait leve la main a mon passage. Allez, viens monte. Euh … oui, ok, tes 4 canards peuvent venir aussi. Et me voila avec 5 passagers de plus ! Je debarque tout le monde au premier village, plus petit que ce que j’esperais. Je degotte tout de meme (par hasard) un cafe internet (vraiment par-tout !) et surtout un coca bien frais. Puis la patronne m’indique la route a suivre pour aller voir « la » montagne (dont un poster jauni trone dans le cafe). Alors je repars plein d’espoir de finir cette déjà merveilleuse journee en apotheose : je trouverai cette montagne et j’en ferai une tres belle photo ! Je passe devant la centrale electrique (un ingenieux système de mini-barrage en amont et turbine au bout d’une conduite forcee creusee a travers la montagne) et continue de monter jusqu'au col (altitude ??). De la j’apercois les sommets enneiges situes encore bien plus haut (ben oui, sont quasi tous a 6,000 m ici !). Je suis toujours les conseils de la madame et, arrive au village indique, je demande la route pour la laguna. Troisieme visage implorant de la journee (oui, j’en ai pris un autre en stop je sais plus tres bien ou) qui me fait craquer et c’est parti pour l’ultime « ascension » (oui, c’est vraiment Le Terme … Je fais de l’alpinisme, ou plutôt de l’andinisme en Def !) de 30 kilometres en … 1h30 !

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J’avais laisse mon passager a mi-chemin et c’est en fin de journee que je debarque au refuge situe a … 4,200 m d’altitude, J’avoue avoir la vitre grand ouverte pour prendre beaucoup d’air dans les derniers tournants (pas compte combien, mais nombreux). Le gardien m’accueille comme un montagnard trop longtemps isole, avec un peu de mefiance, mais m’indique un endroit ou mettre le Def pour la nuit. La vue sur la montagne est superbe avec cette lumiere de fin de journee. Mais … je crois que je m’ai trompe. Oui, elle est bien belle cette montagne, elle est bien triangulaire, mais … c’est pas celle que je voulais !! Oh, et tant pis … J’aurai quand meme eu une journee sensationnelle : quitte le poste de police au niveau de la mer le long de la panamericaine ce matin, pour finir en refuge a plus de 4,000 metres au bord du lac, c’est une nette progression ! Un dernier effort pour installer le maggiolina (suis essouffle comme si je l’avais gravie a pied cette montee), sortir le sac de couchage pour grand froid et je m’installe pour la nuit. Etrange nuit, etranges sensations. Tout d’abord : ouf, je n’ai pas mal a la tete, je ne suis pas malade (grande crainte de ne pas « tenir » l’altitude). Mais il y a quand meme des effets secondaires. Outre que je ne trouve pas le sommeil, j’ai l’impression que le maggio tangue dangereusement. Je cherche a m’agripper a un voisin imaginaire. Je suis complètement dans les vapes, un peu nauséeux tout de même. Et le sommeil viendra me chercher un peu plus tard encore … Fait (tres) froid …

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Etape 255 (05/05) – Avant Trujillo – Apres Trujillo

 On frappe a la porte ! C’est le gardien de nuit qui vient me dire au revoir … C’est gentil ca de me reveiller pour faire coucou … Bon, temps pour moi aussi alors … Je cherche une poubelle pour jeter mon bidon d’eau vide. Les gardiens me le rapportent plein ! Sont super sympas les gens ici … Pas eu le temps de faire 1 kilometre que la police m’arrete. C’est le gars d’hier soir qui me demande si j’ai bien dormi … Je l’ai pas reconnu, puisque toutes nos discussions se sont faites avec sa lampe torche braquee sur moi … Bon, cette fois c’est parti. Avant Trujillo, je decide de visiter Chan Chan. C’est bien parce c’est inscrit au patrimoine de l’humanite (avec une majuscule ?), parce que ca ne m’enchante pas des masses … Ouais, c’est grand. Immense meme. Tout bati en argile. Je me demande comment ca a traverse les siecles. C’est pre-inca tout de meme … (ce qui n’est pas si vieux que ca n’en a l’air : les Incas, c’est pas y a si si longtemps en fait … si j’ai bien compris les premieres explications glanees ci et la). Quasi aucun touriste, mais une armee d’archeologues au travail (ce qui me fait penser a mon beau-frere, actuellement en fouille en Syrie et qui a abandonne femme (ma sœur) et enfant pour sa passion pendant 1 mois …) … En fait une gigantesque ville monocolore sous ce ciel sans couleur …
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Je passe mon chemin pour trouver la veritable perle de l’endroit : un Mc Do avec free internet ! L’occasion de passer a l’acte, de poster quelques articles sur le blog !! J’y reste quelques heures a boire de leur double expresso et a lire les articles angoissants du Soir sur la situation politique en Bolivie. Y vont quand meme pas commencer a se taper dessus juste au moment ou je passerai avec Mathieu ?! Quelques courses au supermarche plus tard, je reprends la route pour me perdre en ville et me retrouver … face a l’ocean. Mais je retrouve la Carreterra Panamericana et c’est parti pour une heure de route. Plein d’essence et je me degote un bivouac de reve juste a cote d’une pleine dune de sable. Ce soir je decide de dormir dans la voiture. Pour eviter le demenagement de nuit comme hier au cas ou, mais aussi pour tester ma nouvelle theorie : si c’est moi qui decide de faire comme ca, est-ce que ca paraitra plus agreable ? Bref, aujourd’hui, un petit pas dans ma culture generale, un petit pas sur la carte, mais un grand pas dans la reconstruction du blog !

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Et puis, alors que je suis installe tranquillement a des kilometres de la route principale, coince entre des montagnes et des dunes, je distingue au loin une voiture qui patrouille dans ce no man’s land avec un projecteur pour inspecter les recoins. Ils m’ont loupe a l’aller … Faudra que j’eteigne l’ordi pour le retour … Ce que je fais. Et qui me permet au loin de les apercevoir, puis de les voir disparaitre … Gagne ! Ah ouais ? Et c’est quoi ces voix que je distingue alors ? Et le coup de feu ?? Hein ! C’est quoi ca Fabian ?? Ils crient qu’ils sont de la police … C’est déjà ca … Et quand je regarde dehors, je vois des bonshommes tout autour de la voiture avec leur arme pointee sur moi. Brr … J’allume, enfile mes chaussures et ouvre la porte arriere. Sais pas comment ils ont dit en espagnol, mais j’ai compris que je devais mettre les mains en l’air. En fait je crois que l’un d’eux l’a dit en anglais. Le meme sans doute qui me crie « sit down », toujours le canon du fusil vers mon corps tout frele et presque tremblant. Je tente un « soyo un turisto », mais ils ont du mal a l’avaler. « Drugs », « banditos » sont des mots qui reviennent. Ils fouillent la voiture, lisent mon passeport (a ma demande). Et pendant ce temps, je rale de savoir qu’ils m’ont trouve dans ce coin perdu. Qu’ils disent tres dangereux, je risque la mort ! Ben merde alors … Je montre ma carte du monde, le bordel sur le siege passager pour les convaincre que, oui, je suis seul (mais il y en a quand meme deux partis courir aux alentours a la recherche d’un « complice »). Ils sont surpris que j’ai(e ?) trouve cet endroit … Faut les suivre au commissariat maintenant. Et meerde ! La voiture patine dans le sable et je cale. La petite vitesse et le differentiel bloque me sortent de la. Peuvent pas en dire autant les autres et c’est bientôt 4 gars armes jusqu’aux dents qui poussent leur pick-up hors du trou. Un jeune m’accompagne alors jusqu’au commissariat a 10 kilometres de la, ou j’attends … en ecrivant tout ceci ! Bonne nuit ? Sais pas …

Etape 254 (04/05) – Avant Piura – Avant Trujillo

Reveil par les discussions des gens qui passent un peu plus loin sur le chemin. Et bien il m’a manque mon Maggiolina. J’ai bien dormi cette fois. Malgre les qqes voitures passees a proximite … ‘Tit dej (cereales au miel) deverse dans un bol place a cote du volant, Déjà loin le temps ou Maman insistait pour avoir un cafe pour demarrer la journee. Je chipote un peu pour traverser la ville puis … le desert … Je m’y attendais pas trop. Pas a ce point. Le long de la route, des signaux de danger de mort. En fait, c’est une zone de tirs (je crois). Je decide de zapper la piste censee longer la mer sur 150 km pour avancer un peu (Programme rapide avec le Lonely PLanet : peux pas perdre trop de temps ici si je veux visiter tout ce que j’ai prvu dans le Sud). Passe Chiclayo (et un lavage de voiture sur le parking pendant que je m’achete qqes croissants), j’arrive a Pacasmayo et une piste censee longer l’ocean pendant 50 km. C’est plus raisonnable. Ouais, je sais pas si c’est le mot correct. En tous cas, pas encore … Je traverse le village a la recherche du debut de la piste et me retrouve face aux vagues apres une petite traversee sableuse. Magnifique. Je surplombe le Pacifique, le Def gare a cote du tout mignon phare noir et blanc …

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Qu’est ce que je fais ? Plusieurs tracent partent vers le Sud … Je me crois a nouveau en Mongolie, sans indication valable. Bon, je me lance. Au moins ici, il ya un repere facile : l’ocean ! C’est gai comme tout de rouler au milieu de nulle part, de choisir son chemin, de « faire des traces » … Ca dure quelques kilometres (avec personne ni rien autour), puis les dunes deviennent infranchissables. Je tourne et retourne. J’arrive en retrait, face a une ferme. Le ptit vieux est bien gentil de m’expliquer qu’il faut rejoindre la grand route, c’est pas ce que je veux. Alors il regarde la voiture, marmonne qqchose d’inintelligible, mais qui vante les qualites de la voiture, puis il grimpe a bord. Avec lui, c’est tout droit. A travers les arbustes, les dunettes, les rochers, le tout quoi … Ca cahote bien, mais c’est grisant. Et environs 5 km plus loin, je retrouve une piste. Je comprends ceci avec certitude : plus loin c’est le village de Puemape. Et ceci avec beaucoup moins de certitude : Apres tu roules sur la plage jusqu'à Puerto Chicama (30 km) … Il descend et fera le chemin en sens inverse a pied … Alors je continue jusqu’au village abandonne (j’apercois bien 2 ou 3 tetes de gens venus pour la journee je crois … Mais arrive au bout, plus de piste. Alors je suis les traces de vehicules qui se sont aventures la avant moi (condition sine qua non pour moi de trouver des traces. Pas envie de me retrouver coince tout seul). Ca s’enfonce bien dans le sable et je dois rapidement enclencher les petites vitesses et bloquer le differentiel. Mais quel bonheur !

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Je me vois déjà sur les dunes du Sahara (qui – quoique pas sur mon parcours planifie – se font de plus en plus desirer). Je mnte, descned, tourne, prend des photos du Def qui est plus joli que jamais (ben oui, il est « propre depuis ce midi … enfin de moins en moins depuis cet apres-midi), essaie de gravir les pentes des montagnes (mais je dois redescendre en marche ariere, ca n’avancait plus). Ca ferait un magnifique endroit de bivouac ici, avec la mer au loin … Mais j’avais prevu de m’arrtere plus loin, alors je decide de rentrer. Pour le coup de la plage, j’y crois pas trop. Elle est assez etroite et je n’ai vu aucune trace de voiture. Allez hop, une derniere dune en vitesse, une vraie pleine de vrai sable, une comme dans le Sahara … « Allez hop », c’était pour la montee, parce qu’une fois arrive au-dessus, c’est plutôt « allez bof ». Le Def s’enfonce tout a coup tout seul … Mais vraiment. Les roues avant sont plus qu’a moitie enfouies … Les roues arriere ca va plus ou moins. En descendant de la voiture, je m’enfonce moi-même de plusieurs centimetres (chaussures ensevelies), au point que je me demande si je ne suis pas sur des sables mouvants … Petite montee d’adrenaline.

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C’est con hein ? Alors je creuse a mains nues (ben c’est vrai ca … elle est ou la pelle que j’avais prevu d’embarquer ?), et creuse et creuse. Et le vent qui souffle m’en met plein la bouche et les yeux (et sans doute partout ailleurs aussi). Je trouve 2 briques que je mets devant les roues. Re-demarrage. Ca a avance de 50 centimetres avant de se re-ensabler, mais les roues arriere avec cette fois ci. Le pont avant repose sur le sable. Et meeeeerde !!! Alors c’est ca le sable ? C’est pas drole. C’est pour les petits que je m’en fais : je creuse pour plus de chateaux de sables que je ne ferai jamais sur les plages avec eux … Ce ne sera qu’une bonne heure plus tard et a la 4eme tentative que j’arriverai a revenir sur la terre ferme (enfin … moins molle …). Waow ! Quelle aventure ! Et dire que cette dune faisait 30 metres a tout casser. Bon, c’est typiquement une de celles qui ne se forme qu’avec le vent. Mais bon. J’ai fait le con, j’ai fait le con. Pas a discuter. En meme temps je savais pas. C’est le metier qui rentre ca mon gamin … Je transpire le sable qui me couvre partout … Je suis tellement content de pouvoir reprendre la route que je ris tout seul … C’est con hein ? Tellement heureux que je ne m’apercois pas de l’obscurite qui gagne et devrait me forcer a trouver un endroit de bivouac. Il fait presque noir quand je trouve « le » chemin qui me semble mener a un bel endroit. Pas de bol, un gardien m’approche assez vite avec sa lampe torche. Je lui demande gentiment (« por favor ») si je peux rester la nuit. Ok, mais devant sa cahute, qu’il puisse me surveiller. D’accord (« Bueno »). Et voici une cigarette pour vous remercier. Prenez en deux. Oh, et puis zut, prenez tout le paquet … Je monte le tout dans le noir complet maintenant, puis m’installe devant l’ordinateur a contempler les photos de la journee … Une voiture arrive. Moultes discussions avec le gardien, mais elle repart … Une autre arrive plus tard. Avec haut-parleur cette fois. Comprends rien de ce qu’il se dit, mais les lampes torches dirigees vers le Maggiolina sont un signe que cela s’adresse a moi. C’est la police ! « Momento » que je leur repete (le temps que je m’habille et que je trouve mes lunettes que je ne trouverai pas d’ailleurs). Ils sont intransigeants : peux pas rester ici, trop dangereux a ce qu’ils disent (Tu parles ! Si j’avais pas été denonce, ils m’auraient jamais trouve : suis dans le noir total a plus d’1 km de la route principale), et ils vont m’escorter jusqu’au peage garde par la police nationale … Alors je dois tout replier pour les suivre … Pfff … Pas drole). Et puis je vais pas remonter la tente ici sur le parking tout eclaire. Alors c’est reparti pour une nuit dans le Def. En fait, c’est pas si grave, mais je pense surtout aux 2 autres qui arrivent me rejoindre. Si toute l’Amerique du Sud est pareille, ca risque d’etre drole … Dormir tout contre Marie-Laure, ca reste du domaine de l’envisageable … Mais Mathieu … No way ! Il n’aura qu’a dormir dehors … Ou moi … Et ces moustiques qui en ont profite pour squatter mon dortoir … Bon allez, au bruit des camions, bonne nuit !

 

Etape 253 (03/05) – Tumbes - Avant Piura

Bon, ca fait un petit temps que je les entends passer les camions, alors cette fois ci je me reveille. Il y en a meme un a cote de moi. Qu’est-ce que j’ai mal dormi. Le bruit, les moustiques, le bruit des moustiques, … Je finis ma vieille boite de Rice Krispies avant de sortir de la voiture. C’est tellement moche une station service. Surtout ici. Et c’est tout sale. Bon, je m’en vais. Et dire que j’ai paye pour rester ici … Je passe par le village ou Pizzarro (avec un seul « z », mais c’est plus rigolo avec deux) a debarque pour venir piller et violer l’Amerique du Sud dont il ne reste plus que la foret qui soit vierge … En fait je traverse une succession de villages postes le long de la « Panamericaine ». Avec le meme topo a chaque fois : des tricycles a moteur, des bus et quelques vieilles voitures, des minuscules echoppes partout et rien qui ne soit propre (sur ce point au moins, le Def essaie de s’integrer au local). En fait j’ai l’impression de repasser des variantes du meme film que je suis depuis quelques semaines déjà. Par contre, l’environnement lui continue de m’etonner … Ici, c’est desert et meme sable, dunes ! Pas l’image que j’avais du Perou. Et bientôt, c’est le Pacifique qui vient lecher la route. C’est magnifique ! Puis c’est l’ascension d’un plateau. Mais je ne reste pas et je decide de rejoindre Cabo Blanco, la ou se deroule l’histoire du « Vieil Homme et la Mer », pour voir … Surprise : du haut de la presque falaise, je distingue les petites taches que font les bateaux du port au milieu de plus grandes que constituent des dizaines de plate-formes de forage petrolier, qui s’ajoutent aux inombrables puits déjà apercus plus tot a terre.

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Je descends pour admirer le balai des hommes sur la jetee qui se ruent sur les bateaux et celui des toucans (?) qui se laissent tomber dans l’eau « a la kamikaze » (sauf qu’ils survivent a la fin) pour attrapper les memes poissons (ou espadons comme dans le livre ?). Une barriere ferme la route, mais … qui ne tente rien n’a rien n’est-ce pas ? Alors j’essaie avec mon plus beau « por favor ». Et ca passe ! Me voila qui longe la cote sur une piste merveilleuse entre les rochers, les puits, l’ocean, les morceaux d’usine et qui passe contrôle apres contrôle. Aucun panneau et des chemins dans tous les sens. Je ne me perds qu’une fois ! Cinquante kilometres comme ca, je passe par le point le plus occidental de l’Amerique du Sud (un beau phare pour marquer l’endroit ! Ah … non … c’est la presqu’ile juste a cote. Avec magnifique plage deserte). Puis, au fleuve, je remonte a travers cultures et moulins a vent vers la ville. C’était vraiment joli cette petite promenade. Un peu lent, mais bon …

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A la sortie de la ville, je me degote un sentier apparemment peu frequente et y cache le Def derriere un arbuste plus petit que lui … Je monte le Maggiolina pour la premiere fois en Amerique du Sud ! Et ca fait du bien … Dommage que le portable soit a plat (comprends plus rien a mon transfo), je mangerai ma boite de petit pois a la mayo (« comme au bon vieux temps de la Russie ») en lisant et … en eteignant la lumiere a chaque voiture qui passe …