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30/07/2008

Etape 271 (21/05) – Ojo del Inca – Visigza

Il a fait froid, il fait d’ailleurs toujours froid ce matin. Et notre visite a une quinzaine de kilometres d’ici ne nous permet helas pas de trainasser. Voila l’excuse toute faite pour ne pas avoir les couilles d’un bon bain (conseille par les amis gardiens (on est seuls ici) la veille au soir). On prend le temps toutefois de s’exercer aux photos de brume (Eau Chaude vs. Air Froid : superbe combat jamais gagne, dans ce superbe decor de plantes genre roseaux).

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Evidemment, on arrive juste juste a l’heure mais sans avoir gare la voiture encore : la separation s’impose et j’ai la temerite de confier le Def a Mathieu pendant que j’attends le guide. Il reviendra 15 minutes plus tard en m’expliquant avoir gravi des pentes verticales dans cette ville de fous. Je traduis qu’il a cale en cote comme un bleu … C’est une vieille mini bonne femme qui arrive en tres vieille, tres mini camionnette pour nous conduire a l’autre bout de la ville. Pas possible que cet engin japonais sans doute a 2 cylindres seulement puisse passer la ou Mathieu a cale … Ben si ! Meme s’il faut la pousser a un demarrage ou l’autre. Bouchons dans la mini cite : une marche de mineurs en greve bloque certains troncons. On a charge d’autres touristes en cours de route et c’est plein a craquer la dedans. On arrive au quartier des mineurs, c-a-d quelques echoppes qui vendent le materiel necessaire : pelles, pioches, lampes, mais aussi la coca et la limonade pour la journee. On decide (on est tres vivement conseille) d’acheter quelques victuailles a distribuer lors de notre passage. C’est pas Blegny Trembleur ici, c’est pas l’Europe aux mines fermees depuis longtemps et nettoyees pour le passage des touristes : on y travaille toujours ! Et a la main ! Alors on nous habille de combinaisons jaunatres genre La Soupe aux Chous et de paires de bottes. Nous voila coiffes de notre casque et sa lampe pour rejoindre la camionnette qui retrecit au fur et a mesure que je la retrouve.

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Direction l’entree d’une des innombrables galeries. Les grandes compagnies minieres ont abandonne le site depuis longtemps déjà et sont occupees aujourd’hui dans d’autres mines proches de la. Ici, quelques cooperatives fonctionnent toujours de manière assez artisanale (c-a-d dire sans beaucoup de moyens ni de securite, sans parler du « bien-etre » au travail). Alors on suit notre guide dans les galeries en rampant parfois, en l’ecoutant nous raconter le fonctionnement de la ville autour de la mine, en se forcant a chiquer sans trop cracher cette espece d’herbe sensee filtrer les poussieres qu’on avale. Il n’y a pas trop d’activites puisqu’ils sont occupes en bas a defiler dans les rues et foutre le brin dans la circulation. Mais on apercoit ci et la, les groupes qui tirent et poussent les wagons a l’huile de bras (faut se plaquer contre le bord pour laisser passer), ou meme qui les vident et remplissent des sacs de cuir a remonter un a un par un systeme de poulies cache. Quand la guide me tend la pelle et m’invite a donner un coup de main, j’ai le reflexe du gars trop ingenieur et pas touriste et « au-dessus » de ca et je refuse tres spontanement (ou est-ce de la timidite ?). Mathieu a l’humilite lui au moins d’accepter et le voila a aider les pauvres gaillards a remplir la caillasse … On en profite pour distribuer la limonade et les sacs de coca. C’est déjà fini, mais tres impressionnant !

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Retour en ville pour se changer, on se fait deposer tout en bas, pres du marche. J’en profite pour faire taire les rumeurs et goute a tous les etals (patisseries collantes en forme de champignon atomique). On pique-nique assis sur un banc dans des gamelles d’acier remplies du ragout qui cuisait dans la grande marmite que surveillait la vieille qui se marre. Et pour couronner le tout, je vide sans fremir l’espece de jus blanc (Mathieu : « du sperme de lama ») tandis que Mathieu se pavane dans le luxe d’un cocktail banane papaye … C’est qui le baroudeur packpacker qui n’a peur de rien hein ? Ben oui Mathieu, fallait ecrire le blog si tu voulais que la verite ne soit pas transformee … ;-) Je continue mes contre-verites (en fait bien reelles et tres peu exagerees) : Mathieu ne retrouve plus le Def et me donne l’occasion d’un petit stress comme je les apprecie de moins en moins … C’est reparti pour la route !

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Celle qui nous conduira a Uyuni et le fameux salar. C’est-a-dire pas celle-la et il faut faire demi-tour au peage. Oui, c’est bien ce chemin de terre qui part a droite. Ben oui, c’est la piste quoi ! Mathieu a du croire que c’était d’une piste rouge des Alpes qu’il s’agissait parce que le voila en train de fixer d’horribles miroirs ronds au-dessus du nez et les fixer aux oreilles par des arceaux en caoutchoucs pour bien que ca tienne … Manque plus que la paire de skis et le tire-fesses … En fait, la route est en construction (si je dois refaire le meme tour du monde dans quelques annees, j’ai bien l’impression que je pourrai laisser le Def a la maison et prendre la p’tite Audi, ca passera tout aussi bien). Les decors magnifiques de la veille se poursuivent, chaque fois different (ronds et lisses ou canyons abrupts, brun, verts, ocres, en terre ou en pierre, toute la geologie y passe, de longues descentes aux vues plongeantes vers le lointain ou dans d’etroits passages).

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En fin d’apres-midi, je reprends le volant pour nous denicher un petit endroit de bivouac. C’est en franchissant quelques ondulations qui menent au village qu’on demande l’autorisation de pouvoir passer la nuit a l’ecart, pres des cactus au sommet d’une de ces vagues de pierre noire qui donnent au-dessus du lit de la riviere dessechee ou passent les moutons. Le petit Fernando nous tient compagnie et s’enfuit gouter sa galette au miel (merci maman !) un peu plus loin. Mathieu nous prepare des pates napolitaines, je dessert au chocolat, tandis qu’il s’eloigne a la recherche encore de la photo de nuit du siecle et que j’essaie de bloguer un petit peu. Je ne sais plus comment on arrive a ce marche, mais on fait chacun un pari stupide (qu’on ne gagnera ni l’un, ni l’autre) : Je dois toucher un lama et il doit toucher une Bolivienne … Que quelqu’un m’explique …

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