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29/07/2008

Etape 261 (11/05) – Nazca - Peaje

Ben, j’ai bien dormi sur ce parking. Et puis il a l’air de faire beau. Et enfin, ils vendent des tickets pour l’avion a l’hotel et c’est pas cher. C’est une belle journee qui commence. Je goute mes « special K » achetes pour petit dej eventuels : degueu (donc pas comme chez nous du tout). Douche chaude et froide et quelques messages mails avant d’embarquer dans le pick-up de l’endroit. Direction : l’aeroport ! Bon, faut bien attendre une demi-heure, mais c’est pas grave. C’est plein de touristes et – o malheur ! – l’accent hollandais pourrit l’endroit … J’apprends a un couple a se servir de la fontaine a eau. Ah ben, c’est justement eux qu’on appelle avec moi. Arrive a l’avion, je dois rentrer le premier : bon signe parce que c’est toujours le passager avant qui rentre d’abord. Je serai donc assis a cote du pilote ! Et c’est parti. Il a ses mains sans arret sur les nombreuses manettes, ce qui n’est pas rassurant ? Je sais pas … Mais je me surprends a plus regarder le pilot(ag)e, que les decors. On arrive au-dessus des « lignes ». C’est une immense plaine (pampa) de plusieurs centaines de kilometres carres, tres plate et couverte de cailloux fonces. A priori, rien a voir … Mais en y regardant de plus pres, on distingue des dizaines de lignes ou de formes geometriques de centaines de metres de long. En fait realisees en enlevant la couche de cailloux et laissant voir le sol naturel. Et puis en y regardant de plus pres, il y a des dessins aussi (mais faut bien regarder : les photos que je montre sont hyper contrastees). Pour les explications … ben … c’est un grand mystere. Celle qui me seduit est celle qui raconte que – en raison des nombreuses eclipses aux temps des incas (cf Le Temple du Soleil ?) – la lune en face du soleil faisait penser a un oeil des dieux, alors on leur a fait des dessins tres grands pour qu’ils puissent les voir … Joli non ?

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 Le pilote n’hesite pas a faire pivoter l’appareil dans tous les sens, ou faire de courtes courbes pour bien nous montrer … Ouais, on a vu. Pas besoin de me balloter l’estomac comme ca … C’est qu’il va me gacher le plaisir d’etre venu s’il continue comme ca. J’avoue que je suis bien content quand je retouche le plancher des lamas … Je regrette vraiment pas d’etre venu m’sieur ! Allez, retour direct a l’hotel chercher la voiture, petite sieste pour me remettre des emotions, puis direction le centre ville pour me remplir correctement l’estomac. Je me gare comme hier, sur la place principale, puis pars a la recherche d’une boulangerie (ils ont des croissants delicieux ici !), mais je trouve pas. Un boui boui alors ? Je me balade au hasard des ruelles puis retombe sur le restau d’hier. Exagere, mais tant pis, c’était trop bon … Rempli en bas, rempli en haut, mon estomac reste vide. Je me retrouve sur la place … Je vais tenter l’autre cote. Un klaxon de voiture sonne … Par reflexe sans doute, j’essaie d’apercevoir si ce n’est pas le Def, a 100 metres. Pendant un quart de secondes, je ne reagis pas. Puis quand je comprends que c’est « ma » porte conducteur qui est ouverte, je pique un sprint comme jamais (dope aux globules rouges fabriques pendant ma nuit a 4,200 m). Je bouscule des gens sur mon passage je crois et je peux apercevoir quelqu’un qui met mon sac a dos dans un sac en plastique jaune et qui s’en va. A la moitie du trajet, ils se retournent et commencent a courir aussi. A ce moment j’ai une haine comme jamais je n’ai eue : j’ai envie de les immobiliser. En fait, pour la premiere fois de ma vie, je suis prêt a frapper, a me battre, a les « eclater ». Drole de sensation, mais qui rassure a vrai dire : je n’ai jamais su si un jour - si (quand) c’était necessaire - je serais prêt a « ca » … Alors je les rejoins et en pleine course, je bouscule celui qui tient mon sac. Les deux tombent. Un repart et je ramasse le second pour voir ce qu’il y a dedans : mon sac a dos et mon appareil photo. Les autres detalent au loin et n’ont pas l’air d’avoir pris autre chose … Je fonce vers la voiture verifier le reste : tout a l’air d’etre la … Putain !!! Nom de dieu de merde !!! Et les gens qui commencent a s’agglutiner autour de moi. « Qu’est ce que vous voulez ? Vous pouviez pas reagir non ? ». Je gueule pour me soulager, mais de colere aussi. Quel pays de merde ! Les flics m’arretent et moi j’arrete les voleurs … C’est pas logique … Alors je reprends le volant et m’en vais loin d’ici, le cœur battant de la course, de l’envie de frapper et puis petit a petit parce que je commence a me rendre compte de la chance que j’ai : tous mes papiers et ceux de la voiture etaient dans ce sac ! Mais putain, sur la place publique, devant tout le monde en plein jour !! Quelle chance ! Et quelle reaction ! Je n’en reviens pas de leur avoir fait peur … J’ai plus faim … Et je commence  regretter de ne pas les avoir poursuivi et demoli … Faut pas exagerer Fabian …

Bon, je quitte la ville, passe devant l’entree vers les aqueducs que je voulais visiter, mais l’envie de partir loin d’ici est plus forte. Et je commence la longue route a travers la montagne vers Cusco. Comme la fois passee, les 2 premiers milles metres sont dans des collines purement minerales sans vegetation (avec la plus grande (haute ?) dune du monde au loin : plus de 2,000 metres !). J’ai quand meme faim, alors je m’arrete a l’ecart me preparer a manger).

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 Puis c’est un premier plateau un peu plus vert : la pampa ! Grande surprise : mes premiers lamas (ou quelque chose comme ca … peut-etre des alpagas, je sais pas …) ! Mais l’obscurite arrive et – au milieu de nulle part – un peage sur la route. Il y a des flics et ils vont rester pour la nuit. Ils sont d’accord que je loge, mais previennent qu’il va faire froid (suis encore a 4,000 m). Autour, quelques maisons de terre (comme partout ici) et une vingtaine de villageois qui font la fete juste derriere le mur ou je suis gare. C’est gai a entendre comme ils s’amusent et rigolent ensemble. Puis tres vite, c’est le noir complet, et le froid qui arrivent : je rentre dans ma tanniere et je me rends compte que je ne parviens pas a fermer la voiture a cle. Tant pis, ca marchera peut-etre mieux demain (bonne vieille theorie qui a l’avantage de parfois fonctionner !). Il est 18h et j’essaie de m’endormir en me repassant la journee … Evidemment, a minuit je me reveille et n’ai plus sommeil … Classique. Il est 3 heures quand je replonge …

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