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29/07/2008

Etape 256 (06/05) – Apres Trujillo – Lago de ??

J’ai quand meme eu du mal a m’endormir hier soir. Le fait d’avoir été reveille malgre moi ? Sais pas … Mais ca m’a donne un peu l’occasion de revenir sur mon « arrestation ». Je me rends compte que meme si j’ai été un peu nerveux quand il a fallu les suivre, j’ai eu bien plus peur a d’autres occasions : mon plantage dans le sable, mes traversees de rivieres, ma rencontre avec le veau. En fait, tout ce qui concerne le Def. Ce n’est pas que je sois sentimentalement attache a lui. Non, c’est que ce sont la des situations auxquelles je ne peux rien faire (5 ans d’ingenieur tout de meme !!). Je manipule mieux 4 flics qu’une fuite. Et je rale de ne pouvoir aller ou je veux. Et c’est vraiment con, parce que des endroits de bivouac, il y en aurait des tonnes ici. J’espere serieusement que toute l’Amerique du Sud ne sera pas pareille.

Mais bon, faut quand meme repartir ce matin … Et qui arrive ? Mon copain d’hier soir, celui qui a fourre mes doigts de chaque main dans son nez a la recherche d’odeur de marijuana. Que Tal ? Ben, moi ca va et toi ? Comme quoi, chatouillez vous le nez le soir, et vous serez potes au reveil (plein d’analogies a faire avec cette phrase) …

La Panamericaine est pareille : desertique, qui sillonne entre les dunes ou qui traverse des villages toujours aussi sales et animes de bus et tricycles. Mais aujourd’hui, je la quitte temporairement, je veux aller voir cette « plus belle montagne du monde » indiquee sur ma carte, dans la Cordillera Blanca. Avant ca, les flics m’arretent a nouveau, mais c’est juste pour dire bonjour. Ca permettra de confirmer mon chemin pour la suite.

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Tout d’abord je longe la riviere. Le terme oasis n’a jamais été si bien illustre : une bande bleue pour la riviere, 2 bandes vertes le long pour les cultures (mais, coton, riz, …), puis de la rocaille seche partout autour. Et ca monte doucement sur ma route macadamisee. Les cultures disparaissent, seuls des cactus representent l’espece vegetale a present. Une barriere clot le passage : encore un contrôle, faut juste dire ou on va et ca s’ouvre.

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Et derriere, c’est la piste qui commence. Pas en tres bon etat, mais de tres bonne qualite panoramique. Chaque tournant m’etonne. La pente se raidit et la vallee se retrecit (comme c’est souvent le cas) et je me rends compte petit a petit que je suis en train de rouler sur ce qui sera ma plus belle route jusqu’ici. C’est grandiose. J’ai déjà vu des montagnes, mais jamais aussi grandes et hautes, ou de gorges aussi profondes. Sur le cote, des tunnels sont creuses dans les parois pour laisser passer les voitures et … les bus ! Mais qu’est-ce qu’ils foutent ici ceux la ?! Et ca et la, des « gueules noires » descendent a pied : on reconnait les mines de charbons aux traces noires laissees sur la route par les camions de chargement.

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Les tunnels, eux, sont a flanc de colline plusieurs dizaines de metres plus haut. Et ca dure des heures. Parce que c’est lent, mais aussi parce que je m’arrete souvent tenter une « super » photo … C’est mineral, mineral ici. Mais y’en a de toutes les couleurs … C’est vraiment impressionnant. Et il faudra de longues heures pour que j’arrive au bout de ces 60 kilometres de piste. Et puis la mine tristounete du p’tit vieux me fait craquer : timidement, il avait leve la main a mon passage. Allez, viens monte. Euh … oui, ok, tes 4 canards peuvent venir aussi. Et me voila avec 5 passagers de plus ! Je debarque tout le monde au premier village, plus petit que ce que j’esperais. Je degotte tout de meme (par hasard) un cafe internet (vraiment par-tout !) et surtout un coca bien frais. Puis la patronne m’indique la route a suivre pour aller voir « la » montagne (dont un poster jauni trone dans le cafe). Alors je repars plein d’espoir de finir cette déjà merveilleuse journee en apotheose : je trouverai cette montagne et j’en ferai une tres belle photo ! Je passe devant la centrale electrique (un ingenieux système de mini-barrage en amont et turbine au bout d’une conduite forcee creusee a travers la montagne) et continue de monter jusqu'au col (altitude ??). De la j’apercois les sommets enneiges situes encore bien plus haut (ben oui, sont quasi tous a 6,000 m ici !). Je suis toujours les conseils de la madame et, arrive au village indique, je demande la route pour la laguna. Troisieme visage implorant de la journee (oui, j’en ai pris un autre en stop je sais plus tres bien ou) qui me fait craquer et c’est parti pour l’ultime « ascension » (oui, c’est vraiment Le Terme … Je fais de l’alpinisme, ou plutôt de l’andinisme en Def !) de 30 kilometres en … 1h30 !

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J’avais laisse mon passager a mi-chemin et c’est en fin de journee que je debarque au refuge situe a … 4,200 m d’altitude, J’avoue avoir la vitre grand ouverte pour prendre beaucoup d’air dans les derniers tournants (pas compte combien, mais nombreux). Le gardien m’accueille comme un montagnard trop longtemps isole, avec un peu de mefiance, mais m’indique un endroit ou mettre le Def pour la nuit. La vue sur la montagne est superbe avec cette lumiere de fin de journee. Mais … je crois que je m’ai trompe. Oui, elle est bien belle cette montagne, elle est bien triangulaire, mais … c’est pas celle que je voulais !! Oh, et tant pis … J’aurai quand meme eu une journee sensationnelle : quitte le poste de police au niveau de la mer le long de la panamericaine ce matin, pour finir en refuge a plus de 4,000 metres au bord du lac, c’est une nette progression ! Un dernier effort pour installer le maggiolina (suis essouffle comme si je l’avais gravie a pied cette montee), sortir le sac de couchage pour grand froid et je m’installe pour la nuit. Etrange nuit, etranges sensations. Tout d’abord : ouf, je n’ai pas mal a la tete, je ne suis pas malade (grande crainte de ne pas « tenir » l’altitude). Mais il y a quand meme des effets secondaires. Outre que je ne trouve pas le sommeil, j’ai l’impression que le maggio tangue dangereusement. Je cherche a m’agripper a un voisin imaginaire. Je suis complètement dans les vapes, un peu nauséeux tout de même. Et le sommeil viendra me chercher un peu plus tard encore … Fait (tres) froid …

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