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28/07/2008

Etape 237 (17/04) – Panama

Reveil par le bruit de la ville qui s’eveille. Pas de reseau ici, je roule quelques blocs plus loin pour pouvoir profiter d’internet : par ou commencer puisque mon plan « rendez-vous des voyageurs plein de bons plans » tombe au canal ? Tres vite, je degote un site qui renseigne une bonne adresse a Panama. Ca tombe bien, c’est a 2 rues d’ici. Dans les hauts etages d’une tour, l’immense petite femme (immense = largeur ; petite = hauteur) sait de quoi elle parle, elle aide regulierement toutes sortes de voyageurs a passer le no man’s land (« Darien Gap » pour les erudits) qui separe l’Amerique Centrale du sud du continent (ca veut dire aucune route entre les 2 zones). « Voila le prix d’un container 20 pieds ». « C’est trop cher, Madame ». « Alors, je peux vous faire ce prix la et meme un peu plus tot». « C’est mieux, mais toujours au-dessus du budget ». « Ah, mais j’ai justement un couple allemand qui desire faire passer leur voiture, peut-etre pourrez-vous partager le container 40 pieds ? ». « Voila qui me parait bien astucieux … ». Je ne comprends rien aux coups de telephone qui suivent, mais me voila avec une feuille de papiers rudement bien organisee qui reprend les premieres etapes de la procedure et des plans de la ville et aussi un rendez-vous a 14 heures avec Filip au poste de police, premiere etape du parcours … Si un jour, vous devez vous aussi passer votre voiture comme moi (ouais, je sais, je preche dans le vide), allez chez cette petite dame, c’est un bijou d’organisation (parce que pour le reste …). Me voila donc a travers la ville a la recherche de cette adresse. Faut dire que, sitot quitte le centre, c’est un fameux bordel Panama City ! Mais j’y arrive et ca m’a l’air bien pouilleux comme endroit … Il y a un Toyota Land Cruiser blanc sur le parking et plein de carcasses d’autres voitures. J’ai pas le temps de m’arreter qu’un long allemand vient déjà m’accoster. Il a l’air sympa, mais tres nerveux. La voiture doit etre en container dans 2 jours et eux attendent depuis longtemps et leurs papiers ont du mal a passer. Alors ils me pressent de faire au plus vite. Et puisque je ne parle pas l’espagnol, ils se proposent de m’aider. Petite digression ici : parce qu’on ne parle pas la langue, on croit que les tracasseries administratives, c’est plus difficile. Et bien non ! Parce que fondamentalement, meme le plus idiot des fonctionnaires de police ou de douane possede en lui une once de gentillesse et de serviabilite, il existe une tendance spontanee a aider le petit malheureux qui ne comprend rien et du coup, ca passe. Mais difficile d’expliquer cela a Filip, alors ils tentent tout de meme de m’aider et de jouer interprete. Et ca passe pas tres bien. « Tu dois attendre … On revient des qu’on a fini notre etape … Et ne reste pas dehors, on était ici hier et il y a eu une fusillade juste en face, tout le monde a du rentrer …». Putain, ca refroidit la derniere partie … Alors je joue le gamin malheureux et gentil, assis sans rien dire dans la salle d’attente et patiente en lisant … Mais le sale gamin tout de meme qui vient passer sa tete par le comptoir de temps a autre pour donner mauvaise conscience aux multiples gratte-papiers qui discutent et rigolent pour passer le temps. Ou bien pour tendre la main pour bien montrer que non, il ne pleut pas, et oui, ils peuvent sortir travailler (c-a-d verifier le numero de serie du chassis). Et quand Filip et Vanessa reviennent en fin d’apres-midi, ils sont surpris de me voir escorte par le mechant fonctionnaire qui les a fait tant souffrir, m’aider a traverser la grand route sous un parapluie qu’il tend au-dessus de moi … La prochaine etape administrative, ce sera pour demain, alors on part ensemble a la recherche d’un endroit pour la nuit. Ils ont repere un gigantesque centre commercial pas loin et dont le parking est surement garde. Ca m’arrange et je les suis. Arrives sur place, je les laisse negocier avec le gardien (en fait, je vais les laisser faire un tas de trucs a partir de maintenant puisque eux, ils parlent comme ici) et je m’en vais faire un tour a la recherche de nourriture et de « banos » et d’internet (mes 3 fonctions vitales du moment). Le « mall » est bien plus grand que jamais vu auparavant et je trouve sans mal. Je reviens me coucher pour les saluer et m’en aller dormir sous la lumiere des projecteurs. En pleine nuit, la police nous reveille. Je me limite a sortir la tete et laisser parlementer les autres pour ensuite me rendormir sans avoir tout saisi si ce n’est que je peux rester ici a poursuivre mes reves …

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