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09/12/2007

Etape 85 (17/11) – Vladivostok – Pékin (Beijing)

Waow, dur, dur. Les vodkas d’hier se rappellent à moi ce matin. Il fait encore bien noir et il faut absolument remplir ce sac à dos. Suis déjà en retard avant de partir … Le taxi qui m’a attendu plus de 20 minutes prend-il plaisir à se venger à rouler si lentement ? Veut-il m’envoyer un message quand il s’arrête pour prendre de l’essence ? Et pourquoi m’annonce-t-il qu’il faudra 1 heure pour rejoindre l’aéroport alors que moi j’avais compté sur 20 minutes ? Je la joue cool au début, mais ne peux m’empêcher de commencer à paniquer au fur et à mesure que le temps passe. Alors ça, ça serait vraiment trop con ! J’ai pas de plan B cette fois-ci … L’avion décolle dans 45 minutes quand j’arrive à l’aéroport. Mais quelques contrôles plus tard (suis le dernier – mon extension de visa demandera une analyse par la contrôleuse, sa chef puis la chef de sa chef, de plus en plus grosses au fur et à mesure que leur pouvoir s’étend), je peux grimper dans le petit bus qui me conduit à l’avion. Le jour se lève et moi je m’endors …

Ca faisait bien déjà 1 an que je n’avais plus volé. Et cette fois-ci, ce n’est pas pour le boulot. C’est quoi alors ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Non ?! Pas possible … : je suis un touriste ! Un vrai de vrai en vacances … Ben je ne m’attendais pas à ça …

A l’arrivée, j’ai un sac à dos sur les épaules, aucun guide de Chine et l’équivalent de 50 EUR en Yuan en poche … Et je me sens bien (parce que j’ai quitté la Russie ?) … Je trouve un bon livre assez vite que je découvre en fumant « une bonne petite cigarette » … Parce qu’il ne s’agit pas de juste prendre un taxi. Il va falloir que je parte à la recherche des bons plans pas chers d’étudiant en voyage … Et je trouve la navette vers le centre ville assez vite. J’ai le temps de choisir l’arrêt que je veux et l’indiquer au chauffeur qui m’aidera bien …

Arrivée à un gigantesque carrefour. Où suis-je ? Je refuse 3 fois au rick-shaw (connais pas l’orthographe : c’est cette mobylette à 3 roues avec un siège à l’arrière et qui joue taxi) puis accepte puisque je ne sais pas où je suis. L’auberge (de jeunesse) est très bien organisée. Par souci d’économie, je prends une chambre avec salle de bain commune. Mais je redescends très vite et me précipite dans ce que j’avais reconnu en arrivant et que j’attends depuis des semaines : un Mac Donald’s ! Oh putain ça fait du bien … Ok, petite sieste maintenant parce que je suis vraiment crevé.

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Ce soir, je pars me balader en ville, au hasard … C’est gigantesque ces avenues. Et ces tours partout ! Je me dirige vers le centre. Déception tout d’abord : après l’Avenue Louise locale (Louis Vuitton, Dior, etc. dans des galeries super chic), j’arrive dans la Rue Neuve (néons de toutes les couleurs, Adidas, Nike, etc.). Puis je dégote des petites ruelles où les néons sont remplacés par des lampions et les vitrines remplacées par des échoppes de nourriture en tous genres (poulets et autres patates, mais surtout des poulpes de toutes les couleurs, des scorpions, des serpents, des parties de tous les animaux de la ferme, etc.). Brrrr … Suis bien content qu’il y ait des Mc Do’s dans le coin moi … Suis pas très fort pour les cuisines orientales … Après plusieurs cul-de-sac, je me retrouve le long de la Muraille de la Cité Interdite. Il fait déjà noir et je me fais accoster par des vendeurs de montres et autres gadgets. J’achète tout de même quelques brols pour une bouchée de pain (négociez 40% du prix qu’ils disent dans le guide … Tu parles ! C’est 10% ouais ! Ca m’énerve déjà tous ces marchandages …) pour offrir à Elisa. Par un porche, je débouche sur la fameuse Place Tien An Men … Enorme ! Eclairée et rouge, l’entrée de la Cité Interdite attire tous les flashs sur les visages des touristes Chinois qui posent devant … Mao ! J’essaie de voir par où les chars sont arrivés en 1989. Je me lance aussi dans l’exercice de la plus belle photo et continue de me faire accoster par des vendeurs en tous genres. Il commence à être tard, je décide de rentrer à l’hôtel.

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A la sortie d’un concessionnaire Audi (ben oui, ils avaient une RS8 … Ca doit être mes discussions interminables de bagnoles avec mon russe qui m’ont un peu influencé), ce sont 2 jeunes demoiselles absolument charmantes qui m’accostent. Cette fois je réponds (c’est quand même pas normal que les mecs soient si racistes envers les moches). Ca sent le traquenard à plein nez (ma première lecture du guide mentionne ces « étudiantes », mais je sais plus ce qu’il raconte), mais je me sens si bien que je me dis que ça peut pas être une grosse arnaque. « On va boire un verre ? ». Ok, on doit se diriger donc vers un café ou quelque chose comme ça … Au 5ème étage d’un vieux building (en fait il doit être récent, mais en Chine, toutes les constructions vieillissent si vite …), on rentre dans un salon de thé. Aaah mais voilà : elles veulent sans doute me vendre du thé … Bon, je participe à la cérémonie tout en discutant de leurs vies de jeunes chinoises. Leurs mains dans mes cheveux d’européens me trompent … Et après une vingtaine de thés différents, viennent bien sûr les propositions d’achats. Que je refuse toutes … Déception sur les visages. Puis vient l’addition … Putain ! Comme un bleu Fabian ! Comme un sacré putain de bordel de sale bleu … J’ai juste de quoi marchander pour faire baisser la note … Je suis moyennement irrité vu les circonstances … L’une d’elles se dit étudiante en calligraphie et insiste pour venir me présenter son professeur et ses œuvres. Mon heure de vengeance a sonné ! J’accepte de bon cœur. C’est bien sûr à quelques centaines de mètres de là, dans le 4ème sous-sol. Je les laisse me présenter quelques œuvres pendant 5 minutes, le temps que le « professeur » me fasse un petit dessin et me l’emballe dans un bel emballage. Puis salut la compagnie ! Elles insistent et là je me fâche tout rouge. L’une pleure et je m’en vais. Un dernier coup d’œil en sortant me permet de la voir payer l’artiste pour le paquet que j’ai sous le bras. L’autre m’accompagne l’air toute désolée. Elle sort quelques billets pour rembourser la moitié du thé. Et comme un con, je refuse (quel con tout de même : si près du but, je joue à je ne sais quoi de chevalier à la con !).

Bon, maintenant c’est décidé je rentre dormir …

A côté (les murs ne sont pas épais), une famille française (2 enfants) téléphone au pays pour raconter … leur tour du monde !

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