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06/11/2007

Etape 71 (04/11) – Ioujno Sakhalinsk - Onor

Debout à 5h30 ! Et moi qui n’ai pas trouvé le sommeil de toute la nuit … Café, œufs et porridge copieux (forcé) au petit déjeuner, on se met en route vers l’usine. Cinquante kilomètres avalés dans le noir, l’aube se lève au détour d’une route sur la mer et … une jetée ! Ca alors … L’usine est à peine la taille d’un quart de Wafa (le projet de Libye). Il faut déposer le papa à l’entrée des ouvriers (je crois deviner qu’il est coffreur) et tenter notre chance seuls à l’entrée principale … Moi je comprends de suite qu’il n’y aura pas de visite, mais le p’tit veut quand même essayer : il est presque mignon à essayer d’expliquer qu’on est touristes et qu’on voudrait visiter l’usine … Niet évidemment.

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Il n’est même pas 7 heures du matin. On retourne à l’appartement attendre que les bureaux ouvrent et commencer la recherche d’un ferry pour le Japon. Honnêtement, il n’y aurait pas cette montagne douanière à franchir que je l’aurais planté depuis longtemps le gamin … Il me met un DVD pour passer le temps et s’endort dans le canapé. Pas moyen de le réveiller. J’update le blog puis insiste pour qu’il se lève et m’accompagne dans mes recherches.

On passe d’abord checker sur internet, j’ai la réponse de Nicolas : il est plus de 400 km au Nord de l’île … Ouais, ben on se verra en Belgique hein !

Je découvre innocemment qu’on est samedi (persuadé que j’étais d’être encore vendredi) et que beaucoup de bureaux sont fermés. Une agence maritime passe toutefois quelques coups de fil dans l’espoir de trouver les fonctionnaires nécessaires pour nous aider. C’est peine perdue, c’est dimanche demain et c’est férié lundi … Putaaaaiiiinnn !!

Bonne nouvelle : je vais aller dire bonjour à Nicolas (doit aussi être en congé j’imagine). J’espère passer le week-end là-bas. Je fonce déposer celui qui m’accompagne chez lui (il est tout déçu) et prends la route vers Onor. Il est déjà tard, mais les 430 kilomètres devraient être avalés assez vite. La route est superbe, le long de l’Océan, avec des lagunes ici et là. Le coucher de soleil sur les montagnes du centre de l’île aussi … Mais très vite, et malgré ce que je m’étais laissé dire, c’est une piste et non une route que je devrai emprunter pour une majeure partie du trajet ! Et la neige qui se joint à ma soirée … Je ne distingue plus rien du décor à présent. J’essaie de garder une vive allure pour ne pas arriver trop tard. C’est victime d’un besoin à satisfaire le long de la route que je me rends compte de l’état réel de celle-ci : il y a du verglas et c’est glissant à mort ! Finis les 70 km/h que j’essayais de suivre … Arrivé au village, je joins Nicolas par téléphone (communication vraiment mauvaise) : il me demande de passer la nuit à l’hôtel à 50 km de là … exactement où j’étais il y a un peu plus d'une heure ! Faut dire que ça ne fait qu’une semaine qu’il est arrivé et sa position est délicate … je le comprends bien (il me demande d’ailleurs de ne rien publier sur le blog au sujet de mon séjour à Onor. Comprenez : ne lui dites pas que je l’ai quand même fait !). Mais c’est son grand cœur qui fera l’impossible : s’arranger avec le « camp boss » pour quand même me recevoir dans une des « guest room » du camp vie (pour les novices : ce sont des baraquements préfabriqués d’une douzaine de chambres chacun, au confort très sommaire, installés au milieu de la forêt et gardé par une clôture de barbelés et une guérite à l’entrée). 500 mètres avant le camp, j’essaie vainement de sortir une voiture du fossé : c’est vraiment glissant ! Puis à l’entrée, Nicolas vient me chercher avec Jérôme, un malien, ancien séminariste converti au bouddhisme, probablement égaré en Russie depuis des années, mais qui gère le quotidien du camp avec combines à la clé. Dans ce « dry camp » (comprenez : sans alcool), il ne faut pas 5 minutes pour que je vide ma première vodka cul sec. Une deuxième, puis une troisième plus tard, j’insiste pour aller voir la fête qui est justement organisée dans la salle commune à quelques baraques de là à l’occasion d’Halloween. Les (jeunes) employé(e)s dansent au son d’une petite sono et nous nous retrouvons très vite avec une bouteille de vodka dans la poche et des gobelets en plastique. Moi qui ai peu dormi et rien mangé depuis 5h30 du matin … Notre soirée ne s’éternise pas : j’avoue être (très) vite (très) saoul … Ca fait du bien après toutes ces semaines … Je m’effondre dans mon lit.

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