Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/10/2007

Un "must"

Allez voir là-bas : www.la-vie-est-belle.be

Une famille qui fait au moins 3 choses extraordinaires :

-          un tour du monde ;

-          en Land Rover ;

-          mieux préparé que moi ! ;

Du peu que j’ai vu de leur site, je suis en admiration … En fait, c’est le papa qui m’a envoyé un mail de félicitations. Renvoyé la balle bien sûr !

Fabian.

Certains l'ont demande ...

Vous pouvez dorénavant lui envoyer des sms gratuitement sur son téléphone satellite via le site suivant : messaging.iridium.com

Son numéro est le : 8816 3152 4338

N'hésitez pas, cela lui fait du bien d'avoir des nouvelles!

Mathieu

Carte et statistique

3ea9ce40ac4d738e441ff47267e14e9b.jpg
2720ce3f3a0637cf58701ee9b0943b90.jpg

 

Faut cliquer et ca s'agrandit ...

Bon, c'est l'bordel !

J'sais pas c'qui s'passe, mais les notes sont dans le desordre ... Heureusement que je les numerote !

Sorry pour le zigzag que vous allez endurer si vous appreciez un peu de logique ...

Etape 66 (29/10) – Khabarovsk

921a523514760290c23617e9a83df0d3.jpg

Des jours que j’en rêve : arriver à Khabarovsk ! Allez, plus que quelques kilomètres (ouais, 150 tout de même ... Et c’est pas toujours de l’asphalte !). Sur tout une portion, c’est le feu qui lèche les talus (comme quoi, y’a pas qu’en Californie). Et du trop froid, c’est trop chaud qu’il fait quand je m’arrête pour prendre des photos !

6bce794f70c3cc710598903f4c027539.jpg
Mais la ville est là ! Il faut traverser l’Amour (jamais essayé ?) sur un ouvrage magnifique à 2 étages (les voitures roulent sur le tablier supérieur, les trains sur le tablier inférieur). Dommage que je ne puise pas m’arrêter : ils construisent un autre tout contre avec un lanceur (comme en Libye !). Visite dans un supermarché (où je trouve enfin un jerrycan pour remplacer les miens qui étaient troués (pas grave quand l’eau gèle, mais bon …)), puis à la visée du GPS, je trouve le centre ville. C’est toujours un exercice excitant d’avoir une carte de la ville et se retrouver dedans quand il n’y a pas de nom de rue. Faut se positionner d’après la forme des rues ou un bâtiment quelconque indiqué sur le plan. Et c’est ainsi que je trouve assez vite l’hôtel Tourist que j’avais sélectionné pour son agence de voyage … Les femmes (en uniforme) du guichet sont … pitoyables. Mais je trouve l’agence par moi-même cachée au bout ‘un couloir du premier étage. Do you speak english ? L’homme à qui je viens de poser la question me conduit chez … Julia ! Sans uniforme (presque sans rien à vrai dire), elle accroche directement à mon projet (heureusement qu’il y avait une carte du monde accrochée au mur pour faciliter l’explication). C’est décidé, elle va m’aider à vérifier que les ferrys pour Sakhaline et le Japon sont toujours en circulation. « Je vais m’inscrire à l’hôtel et je reviens ».

Retour chez les femmes en uniforme : ça leur va pas du tout que je loge ici. Mais elles ont une bonne raison cette fois : je devais me faire enregistrer dans les 3 jours de mon arrivée et j’avais décidé de passer outre. Ca leur semble horrible et j’ai l’air d’un extra-terrestre. Ce qui est marrant, c’est que j’ai beau rester devant le guichet à essayer de savoir ce qui va se passer, elles restent muettes et décident de m’ignorer … Surréaliste ! Un peu comme un francophone qui se retrouverait au guichet de la maison communale d’Overijse et qui parle en français avec un fonctionnaire qui essaye de ne pas l’écouter … Je remonte voir ma Julia. Elle est déjà au courant de la situation, me dit que j’ai de gros problèmes, mais qu’elle va essayer de me sauver de la (lourde) amende. Elle me dit que je ne dois pas m’en faire … Après une demi-heure d’incessants coups de fils : victoire ! J’évite l’amende, mais je ne peux pas rester dans cet hôtel. Elle m’en indique un autre … tout près de chez elle dit-elle en me montrant son adresse. Je sens son souffle dans mon cou et sa main touche la mienne (si j’écris ça, c’est pour vous captiver !). Ok, je m’y rends et promets de venir la voir avant la fermeture.

Je traverse la ville pour me trouver face à un immense hôtel où la réceptionniste me reconnaît et m’assure de suite que ma « registration » sera prête demain. Une douche plus tard (Whaa ! Qu’elle est bonne celle-là, chaude et tout …), je re-traverse la ville voir Julia. Elle me dit que tout est en ordre. Pour prolonger la conversation, je lui demande l’adresse d’un bon restau. Elle sait aussi bien que moi que je m’en fous, que c’est juste pour prolonger … Et elle cherche plusieurs endroits … Elle a l’air déçue. Je comprends quand je lui demande ce qu’elle fait le soir : elle a promis à son petit ami d’aller à un concert. J’ai aussi froid que les autres nuits tout-à-coup. Tant pis … Elle a l’air si enthousiaste que je l’emmène voir la voiture tout de même … Elle me regarde m’éloigner, attendrie …

Je rentre à l’hôtel (y’aura ben un restau là-bas), de toutes façons, j’ai mal à la tête. Puisqu’il n’y a que ça, ce sera japonais ce soir (waow, c’est cher) ! Puis aspirine et dodo.

Debout pour le breakfast (payant, malgré ce que m’affirme la gardienne d’étage), puis en avant pour aller lire mes mails. Je retourne dans ma chambre écrire quelques articles pour le blog quand le téléphone sonne ! C’est Julia qui me demande ce que je fais ce soir …

Je vous raconterai la suite plus tard …

Etape 65 (28/10) – Avant Belogorsk – Avant Khabarovsk

0a203225dacf4646de69d71f24e3a338.jpg
La neige a presque complètement disparu. Mais les nuits sont toujours aussi froides. Vous comprendrez que les messages soient plus courts. Ce n’est pas l’encre qui gèle ici, ce sont les doigts. Pour être honnête, j’écris rien du tout ces jours-ci. Ce n’est que plus tard que j’essaierai de rassembler les impressions …

La route réapparaît et re-disparaît à intervalles réguliers. C’est frustrant. Et je veux en finir avec cette épopée interminable.

b066787c252199c13cc3eb911b0243c4.jpg
Le soir arrive avant que je ne m’en aperçoive et c’est de nouveau à la lueur des phares que je me dégotte un endroit … à côté de la voie de chemin de fer ! Faut dire, j’adore voir passer les trains. Ils sont beaux, ils sont grands. Et leur étoile rouge sur le nez !

Etape 64 (27/10) – Skovorodino – Avant Belogorsk

Le combat continue …

La route est apparue quelques fois ! La neige commence à se faire moins épaisse sur la route (c’est dû aux chasse-neige). Elle a presque disparu sur les côtés. Mais il faut régulièrement quitter la piste quand ils placent des collecteurs …

a3978466239ba92882c852ecedda6334.jpg
Pas très intéressant, mais c’est le quotidien.

J’ai trouvé un endroit au beau milieu d’un champ pour passer la nuit. J’ai l’impression qu’il fait un peu moins froid … Je fete ca en prenant une serie d’auto-portraits avec mon gsm ...

75cac171881750898ef16795402d03b8.jpg
4d1acb2cc0549050a400c3e6ceb6de65.jpg
3c5879669a7062d0fa3744fd704d46bd.jpg
fde5b3a9a33730d12e1efbcd286424fa.jpg

 

 

Etape 63 (26/10) – Mogocha - Skovorodino

be12572d9a5fa0dc4bc18c594adecb82.jpg
Même journée. Même neige. Mêmes bouleaux. Même dangers. Mêmes voitures japonaises dans l’autres sens (certaines abîmées, certaines dans le fossé, beaucoup qui changent leur roue). Un bout de route tout de même. Qui apporte l’espoir, mais le retire après 50 km … Un peu plus loin, après un parcours sur un sentier de montagne, je les vois même étaler l’asphalte fumante ! Ca dure 300 mètres … O cruelle déception.

Ici, il ne s’agit pas de rencontrer des gens, de visiter des monuments ou de prendre du bon temps. C’est presque un combat avec la route que je mène. Une traversée en solitaire. Quand je relativise tout ça, je me sens un peu ridicule face à tous ces autres conducteurs que je croise sans arrêt dans le sens opposé et qui doivent faire ça régulièrement (d’ailleurs : où dorment-ils eux ? Dorment-ils eux ?) …

Et puis, il y a ces quelques villages traversés : avec des gens qui vivent ici tout le temps ! Quelle destinée qu’est la nôtre à vivre dans ce pays si civilisé peuplé de francophones et de flamands …

Ce soir je dors entouré de neige et sous la pleine lune. Ce serait magnifique si je pouvais en profiter plus longtemps …

Note : 2 mois depuis le départ …

72d6aca81a2b584ca87806adbd0f7dfd.jpg

 

 

Etape 62 (25/10) – Après Tchita - Mogocha

Cette fois la neige est là ! La piste devient toute blanche. Et les bouleaux sur le bord de la route … C’est magnifique ! A l’encre de Chine, ça ferait de merveilleux tableaux. Et cette interminable série de codes-barres formés par les troncs des arbres sans feuilles. Au soleil, ça me fait penser à ce tableau de Magritte (connais plus le nom) où il y a une maison, toutes pièces allumées, avec un réverbère allumé lui aussi et des arbres en contre-jour, le tout sous un ciel bleu (« Empire des Lumières » ??). Ici, les troncs sont tout éclairés par le projecteur soleil, et les fines branches se découpent, noir sur bleu ciel. Quel domaine pour du ski de fond !

9f47d1967a7cc43358c7c5454fbdf448.jpg
C’est magnifique, mais je dois bien avouer que c’est la route qui capte toute mon attention : c’est hyper glissant ! Si la neige a bien rempli les irrégularités de la route, avec le temps, elle en a plutôt épousé le relief. Il y a une scène ou tel un lièvre affamé, le monstre rugissant entre mes mains fonce et dépasse en un coup de vent ce camion tortue fatigué. Cette scène se passe respectivement à 30 et 15 km/h …

Sérieusement, c’est un miracle que je parvienne à maintenir une moyenne de 50 km/h sur la journée. C’est sûrement aussi un miracle que je ne sois pas sorti de la route quand j’ai tout-à-coup senti la voiture tourner sur elle-même et se mettre complètement en travers … Ne pas s’arrêter, repartir, ne pas y penser, continuer, … Peut-être un peu ralentir tout de même …

02e523985983eb45aef0a44d66f375e7.jpg
Je ne me suis pas arrêté de la journée. J’ai l’impression de faire une course contre le froid. Parfois il faut quitter la piste et emprunter un petit sentier de montagne. J’espère tout le temps que la neige va disparaître, et que l’asphalte sera dessous … L’espoir fait vivre … Le repos et le sac de couchage aussi.

Pas le temps de trouver un chouette endroit aujourd’hui. Je quitte la piste sur la gauche pour me trouver face au chemin de fer 80 m plus loin. Trop tard pour changer, il fait presque noir.

La tente montée, je reste quelques minutes de plus dans le froid pour appeler Fabrice et préparer le voyage en Chine. Le temps que je forme le numéro, il y a un train qui passe au moment où j’ai la communication, puis un autre 5 minutes plus tard … Le coin risque d’être bruyant ! Avec les camions et voitures qui passent au ralenti sur la piste plus loin …

Et puis j’ai jamais eu aussi froid. Une ou deux gorgées de vodka et je m’enfonce dans le sac de couchage. Mais il faut bien respirer, donc laisser une petite ouverture. Et là, c’est le froid qui s’engouffre … Je ne sens plus le bout de mon nez … Au matin, ce sera pareil : eau gelée, givre sur la couette posée par-dessus le sac et besoin de vachement de courage pour me rhabiller …

72e4f0a46bb0b94699aee29e8de2b308.jpg
Heureusement qu’il y a les DVD achetés à Oulan Bator …

Etape 61 (24/10) – Tchita – Un peu plus loin

Des jours que j’en rêve : en Russie, à chaque entrée de ville, il y a des immenses lettres qui forment son nom. A Tchita, je me promets de faire une photo de moi devant elles et les envoyer à mes camarades de jeu du « Risk » et leur annoncer que les forces rouges ont conquis Tchita ! Les initiés comprendront … Et aujourd’hui, que dalle, pas de lettres, pas de photo. Suis terriblement déçu !

ec19e16af08ed9771f7583214ed657ad.jpg

Je me ballade en ville tout de même. Y’a un internet café, mais il n’ouvre que dans 2 heures. Y’a bien un autre, mais il n’y a pas de port USB pour vous envoyer mes messages … Une basilique avec des dômes tout dorés, quelques maisons en bois du temps des camps et déportations (en fait, je sais pas très bien ce qui date des déportations, alors j’imagine qu’avant toute la Sibérie était vide et que tout date des déportations et goulags …). Quelques belles russes aussi (je me répète parce que je sais que ça fait plaisir à plusieurs d’entre vous …) et mes amoureuses partout (vous savez bien, ces petites camionnettes …). Je fais quelques courses au supermarché, dont une petite bouteille de vodka que je compte bien m’enfiler un de ces soirs ! Et des M&M’s et Nic-Nac artisanaux aussi (mes nouvelles drogues).

85892c2784ca8b4e4648c135b94bd50e.jpg
Je dois à nouveau utiliser mon sens de l’orientation relié au GPS pour trouver la bonne direction à la sortie de la ville (prendre un raccourci en fait) : suis assez fier de moi !

Après une dizaine de kilomètres, ce que je craignais arrive : la route est enneigée. Ici, pas de sel, mais du gravier et de la terre pour fournir une certaine adhérence. La vitesse est limitée … Mais la neige s’estompe … C’est mon autre crainte qui suit : la route n’est plus ! C’est la piste qui se déroule sous les pneus du Def … En fait, il ne manque que la sous-couche et l’asphalte pour avoir une route. Ca cahote pas mal ! Des trous, irrégularités, tôles ondulées.

Sur le bord de la route, un panneau qui indique les kilomètres depuis la ville. Je décide de regarder de l’autre côté : « 2007 ». Naaan … c’est juste une coïncidence, c’est pas possible … Je cherche le panneau suivant, mais c’est trop dangereux pour me retourner. Le suivant est placé trop haut, et le dernier indique bien « 2004 ». Putaaiin ! Deux mille bornes avant la prochaine grande ville !

Et puis autre chose d’inquiétant : si il y a quantité de voitures qui circulent dans l’autre sens, pas grand monde de mon côté de la route … Signe que les gens fuient le froid ? C’est ce que je pense au début. Puis je remarque que les voitures que je croise sont bien sales. Et aussi qu’elles n’ont pas d’autre plaque d’immatriculation qu’un papier collé sur le pare-brise. Les capot, garde-boue et même pare-brise sont tout protégés d’auto-collants. Et ce sont toutes des voitures japonaises … Certaines en remorquent d’autres. En fait, multitude de gens importent des voitures d’occasion (ou neuves) du Japon par la route ! Ben elles doivent arriver dans un piteux état après cette traversée …

Et ça grimpe !

Et la neige revient … Ca promet. En attendant, je sors de la piste et m’enfonce dans un champ entre les petits bois de bouleaux me trouver un endroit pour la nuit …

Etape 60 (23/10) – Après Ulan-Ude – Avant Tchita

Une étape de route aujourd’hui. Comme les suivantes le seront j’imagine ! Une vieille inquiétude tout de même : quel que soit mon atlas routier, il n’y a pas de route après Tchita ! Or, je sais qu’il y a un lien avec l’Océan Pacifique … On verra bien !

2ef0c98350256ff3f66dce2c7b295118.jpg
Une habitude se met en place : réveil puis sortir du sac uniquement quand le soleil est levé (et je voudrais taire ici les fausses allégations paternelles : non, je ne dors pas habillé ! Je fais cet immense effort de me retrouver à moitié nu entre pyjama et vêtements (ou dans l’autre sens) tous les jours !), je zappe le p’tit déj (eau gelée de toutes façons), zappe en général le lunch et me concocte un truc tous les soirs (« truc » qui varie de pain sec et fromage à pâtes à la cassonade). En fait entre le réveil tardif, le fait que je ne sache pas très bien l’heure qu’il est, le soir qui arrive vite, et la lenteur de la voiture sur les routes, j’ai pas le droit à trop d’arrêts la journée et les soirs sont bien trop froids que pour imaginer être ailleurs que dans mon sac de couchage !

Le soir je me trouve un endroit tout près d’un petit bois de bouleaux : c’est très joli !

3a15730d87ac395b6ab2806e714e7f32.jpg

 

 

Etape 59 (22/10) – Frontière – Après Ulan-Ude

Ce qui est dommage dans tout ce retard, c’est que les quelques jours que j’avais voulu m’accorder au bord du Lac Baïkal, c’est … à l’eau ! Marc m’envoie un gentil message de prudence : « ne fonce pas ». C’est super sympa, mais le froid me crie « vas t’en d’ici le plus vite possible ! ».

b02bfd6b1e0d5149380bd7253f21953c.jpg

Le décor russe est de retour. Partout des petites maisons en bois colorées (des taudis en fait, mais si jolis). Puis la ville est en vue, avec ses immense blocs d’appartement et enfin le centre ville. Petite balade, devant la plus grande tête de Lénine au monde notamment (c’est drôle, il louche !), dans quelques rues commerçantes. Au King’s burger, je mange 2 trucs infâmes. Ouais, pas de quoi attirer la curiosité ici … Je m’en vais.

0d42cb4d1528c2ba52510532e3f47700.jpg
Je reprends la route entre steppe (connais pas la différence entre steppe, savane, toundra, taïga … Ca ressemble aux Fagnes en fait … Y’a des forêts de sapins, de bouleaux, avec d’immense étendues herbeuses jaunes et de la bruyère. Parfois ce qui devait être des champs de blés en été …) et petits villages en bois. J’ai l’impression de traverser les Ardennes. Mais sur des centaines de kilomètres de long !

En fin de journée, je me trouve un endroit au creux d’un vallon pour passer la nuit.

Etape 58 (21/10) – D’un côté à l’autre de la frontière

J’attends que le soleil se lève un peu et réchauffe la tente avant de songer à sortir du sac de couchage et m’habiller. Serai pas à 8 heures à la frontière ! J’ai bien roulé 50 km hier soir avant de retrouver mon « bel » endroit et je me rends compte que je suis sur la réserve bien entamée … Merde ! Moi qui n’ai presque plus d’argent … Je dépense mes derniers billets pour ajouter 5 litres de diesel. J’arrive à 9h30 …

A 15h30, j’ai fait 6 mètres. Une quantité de voitures dépasse le peuple rangé dans la file (dont moi. C’est pas drôle d’être avec le peuple). Roman – un russe avec qui j’ai sympathisé dans l’attente – sourit en me disant qu’avec de l’argent je pourrais passer moi aussi. Pas question. J’opte pour la manière pacifique et je me mets en travers de la route de la prochaine voiture qui essaie de resquiller. Je ferai barrage de mon corps. Ca ne plait pas à la dame en uniforme. Mais elle prend peur en même temps. Surtout que je hausse la voix et suis rejoint par des compagnons (Frères ? Camarades ?) otages de la corruption. Et ça va beaucoup plus vite tout-à-coup. Il est même fait égard d’attentions spéciales à mon égard : je dépasse tout le monde et passe outre plusieurs contrôles ! En fait, je crois que la douane russe va fermer bientôt et qu’ils ont peur de me faire patienter une deuxième fois. Mon tout nouveau visa appelle bien quelques interrogations d’une jolie connasse russe en uniforme (multi-pléonasme ici), mais ça passe. Jamais contrôle n’aura été si lent à démarrer, puis si rapide. Mais il fait quand même nuit quand je sors de là. Le temps de rouler 50 km au travers d’un décor que je devine boisé et me trouver un endroit paisible au bout d’un petit sentier, dans un champ. Montage dans le noir. Vite dormir.

Etape 57 (20/10) – Oulan Bator - Frontière

83fe0579f570c1b7b9cd47c2858d9a7f.jpg
C’est un re-départ ! Je ne peux m’empêcher de faire le triste constat statistique de mon voyage : 43 jours de route, suivis de 15 jours d’arrêt ! C’est pas glorieux du tout. Quand je pense à tout ce que je me suis interdit comme arrêt pour éviter d’arriver dans le froid sibérien. C’est fichu de toutes façons … Quel désastre ! Mais ça fait partie du truc …

Toujours un peu difficile de s’y remettre, mais le soleil est là ! Et de fait, la route parcourue précédemment dans le gris est tout-à-coup beaucoup plus jolie. Ce qui me désole, c’est que toutes les feuilles semblent être tombées des arbres en 2 semaines. C’est un décor d’hiver maintenant. Mêmes routes, mêmes péages, mêmes villages, … et même petit gars qui m’attend à la grille ! Il ne me reconnaît pas de suite, mais mon grand sourire le rappelle à son souvenir ! Je suis relax, sûr de mon coup, je veux bien attendre des heures s’il le faut … Et son air triste réalise mes vœux quand il revient me dire qu’on est samedi et qu’on n’a plus le temps de me faire passer avant que la douane russe ne ferme … Faut revenir demain. A 8 heures et il me fera passer devant tout le monde ! Mais c’est pas vrai ?!

Il me faut quelques instants pour réaliser … je repars en sens inverse vers un endroit repéré où je m’étais dit « oh, là, ça aurait fait un chouette campement … ». De fait, et 1 arrêt de flics plus tard (pas facile de leur expliquer d’où je viens et où je vais), sous les arbres clairsemés, avec quantité de bois mort pour faire un feu, je récolte vite un beau petit tas de combustible. Mais le moral n’y est pas. Si quelqu’un décide de bivouaquer ici une autre fois, la corvée ramassage sera prête !

La nuit est de nouveau très froide …

f757657c4316a9ab48f20f2cc263737d.jpg

 

 

Etapes 47-48-49-50-51-52-53-54-55-56 (10/10 au 19/10) – Oulan Bator

Déconnecté. Je suis déconnecté. Je vis hors du temps. Il y a des journées où je ne sors pas de l’hôtel (et alors la chambre n’est pas lavée et alors ils sont inquiets et alors ça me fait rire …). D’autres où je ne mange rien d’autre que ce même breakfast servi avec une déprimante régularité. Je vis décalé, vais me coucher tard, surfe sur internet à lire des bêtises (infos, bagnoles, montres … Je lis même 2 chapitre d’un syllabus de Droit Romain (mais c’est trop long à downloader)), me lève tôt (pour le breakfast servi jusque … 9 heures !), vais me promener dans le grand froid, dans la grande ville, dans la grande déprime. Des plaques de verglas sur les trottoirs …

c3fcd1765ade5f3ec960a196f7b128ad.jpg

Je vais faire nettoyer la voiture, je fais la lessive (je participe au plaisir des ménagère ravies de voir la saleté sortir des vêtements grâce aux frottements et torsures infligées par des mains à la peau ramollies de rester trop longtemps dans l’eau aux vêtements qui dégoulinent de poussière et disparaissent dans l’eau noire de la baignoire …), je vais manger dehors (d’abord dans des restaus différents, puis je m’abonne au steak servi à quelques centaines de mètres de là) et démarre ma régulière habitude du night-shop d’à côté de l’hôtel : une bouteille d’eau et quelques paquets de M&M’s.

63641d14513e61070520f7c3bcf0f3d4.jpg
Je vais visiter le monastère d’hiver, mais il est fermé quand j’arrive. Vais visiter un temple, grimpe plus de 600 marches pour arriver au monument dédié à la guerre (en gros, un truc construit par les ruses où ils figurent sauveurs de leurs amis mongols, implorant à genoux), fais même quelques vitrines à la recherche de rien du tout …

Je pense bien à partir en excursion, mais sans passeport …

Cette période est perdue à tout jamais dans mon existence. Et personne que je rencontre qui parle anglais … Bon, je vais pas traîner dans les cafés le soir non plus …

Je rencontre un Defender ! Téméraire, j’accoste son conducteur : « Savez pas où il y a un garage Land Rover à Oulan Bator ? ». Le gars est directeur des ventes du garage (Caterpillar ET Land Rover, une association qui me plaît), mais incapable de me dessiner un plan jusqu’à son bureau. Il me montre une direction et ajoute « 6 à 7 km … ». Il me tend sa carte de visite tout de même …

df975322364e909a795cb8b5489b7b5c.jpg

Avant dernier jour, je tourne des heures en rond à la recherche de l’endroit, puis une gentille jeune fille prend son téléphone et joue l’interprète pour m’aider dans ma quête … C’est vraiment un garage comme chez nous perdu au milieu d’un zoning, avec un show room et tout … Il n’y a pas de place aujourd’hui, mais le sympathique responsable d’atelier m’intercale pour une visite le lendemain matin. J’y suis avant l’ouverture. Discute avec le boss américain (costard et bottes pointues en croco, si, si !), puis explique les entretiens que je désire aux gars de l’atelier. 6 heures plus tard, rassuré d’avoir un véhicule « en état », je fonce chercher mon visa à l’agence. Hourra !

9aca46843d5becfea855b8467abcbd59.jpg
Mais il est tard, et j’ai mal à la tête (et mal aux yeux, et mal à la gorge, bref, je sens un début de crève). Je reste une nuit de plus à l’hôtel et partirai tôt demain matin. J’achète encore quelques DVD (pour 5 fois rien) comme dernier geste dans cette ville.

Etape 41 (04/10) – 50 km avant Oulan-Bator – Oulan-Bator

Et bien non, ça n’a pas été vite … Du tout même … Me suis-je trop énervé pendant la journée, n’ai-je pas bu assez d’eau ou bien suis-je tout simplement très fatigué (1 jour de pose en 39 jours de conduite) ? Un cocktail de tout ça sans doute. Qui me provoque un mal de tête persistant. Et qui me forcera après un moment à quitter mon lit pour descendre dans le froid (plus tant que ça en fait, j’ai même déserté le sac de couchage pour retrouver ma couette) chercher une ration d’eau …

Au réveil, pareil …

J’ai beau forcer de prolonger le sommeil, ça ne marche pas, et le mal de tête s’acharne. Il me faut me re-lever chercher de l’eau et de l’aspirine aussi. Je me cache sous la couette pour fuir la lumière et profite bientôt d’une bonne grasse matinée. De toutes façons, il y a quelques plic-ploc entendus sur le toit qui me servent d’alibi dans ces quelques heures de débauche (« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt … », de je sais pas qui, mais cité souvent par je sais bien qui !).

Vaisselle, rangement, départ, je me force à rester cool face aux derniers kilomètres de frustration qui me restent à endurcir …

Oulan-Bator est en vue, sous un épais nuage de pollution, encadré par des tours de refroidissement et autres industries. Une ville assez banale qui ne mérite aucune description. Une petite anecdote peut-être : à l’instar de Londres et, je crois, Stockholm (ou Oslo), il y a un système de péage à l’entrée de la ville ! Je roule un peu au travers afin de découvrir un endroit qui en vaille la peine, mais suis plus obnubilé par le nombre de Toyota Land Cruiser qui circulent dans toutes les rues. Je croise même (de loin) un Land Rover Defender !

674c09c0a2fc3c046e92f4ad2c933a75.jpg

Aujourd’hui, c’est hôtel (et douche chaude) et je choisis très vite de m’arrêter au deuxième que je visite. Petit repos dans la chambre (dans la salle de bain plutôt), puis je pars à pied regarder d’un peu plus prêt cette capitale. De nouveau pas grand-chose à dire … Je passe manger dans un restaurant avant de rentrer préparer ma mission de demain matin : uploader le blog de mes articles et photos !

649988acfc6152822a1ad21698e7c850.jpg

 

 

Etape 46 (09/10) – Oulan Bator

Petit déjeuner et je continue l’attente en ouvrant un nouveau livre : « O Jerusalem », censé raconter l’histoire de la ville en 1948. Une brique de 800 pages … Sais pas si j’aurai le courage de terminer …

A 13h30, je traverse la ville à pied vers l’ambassade vers mon rendez-vous (c’est moi qui appelle ça comme ça, c’est pas vraiment un rendez-vous, c’est juste que je veux être à l’ouverture des portes !). Le rustre russe depuis son aquarium est toujours aussi expressif qu’un thon qu’on y eut posé là et demandé d’agiter le bras vers un écriteau écrit en anglais qui me demande d’attendre. Alors j’attends. Quelque chose bouge dans le bocal géant à côté. C’est le poisson qui communique une nouvelle information : le doigt est maintenant pointé vers une porte ! Au guichet, j’apprends la nouvelle : pas moyen de faire autrement, je dois obtenir un nouveau visa avec procédure complète (lettre d’invitation, etc.). Le bon côté, c’est que ça prend 3 à 4 jours maximum … On me donne même les cartes de visite de plusieurs agences spécialisées dans la procédure.

C’est au deuxième étage d’un immeuble proche que je trouve une porte avec la mention « travel ». Une chose est sûre en Mongolie (et c’est pareil au Kazakhstan et en Russie), il faut pas avoir peur de pousser des portes sombres, parcourir des couloirs déserts et grimper des étages à travers des immeubles délabrés : il y a peut-être un supermarché au bout ! Ok, je ne comprends pas bien la multitude d’écriteaux, mais ils sont quand même pas clairs ! Une fois, j’ai dû traverser un salon de coiffure pour atteindre un cyber café !). La jolie russe (ça devient un pléonasme à la longue) qui me reçoit s’énerve sur l’ambassade qui promet 3 ou 4 jours (j’lui raconte mon entrevue) quand la règle, c’est 9 jours, pas plus, ni moins. Elle veut bien s’occuper de moi, mais ça coute et il me faut un scan du passeport (c’est ici que je dois avouer à mon voisin Joël qui a scanné tous mes documents, que j’en ai oublié un : mon passeport que j’avais dû renouveler), et une attestation d’Europ Assistance que je suis bien couvert pour la Russie. Toute la famille est derrière moi qui pour dégotter l’attestation, qui pour trouver un autre moyen d’obtenir une lettre d’invitation. C’est une vraie machine qui se met en route et qu’il est délicat d’arrêter … Merci à tous !

De toutes façons, il est trop tard aujourd’hui, je serai là demain à l’ouverture de l’agence avec les documents requis et puis … y’aura qu’à attendre ! 9 jours …

Et là je vais vous éviter de lire les tonnes d’injures qui me viennent à la bouche. Dans toutes les langues, dans tous les styles. Le genre de truc destiné à calmer, à évacuer …

Etape 45 (08/10) – Darhan – Oulan Bator

Pas bien dormi. A fait très froid : la bouteille d’eau à côté de moi est … gelée ! Que je fume ou non, j’exhale de grandes fumées devant moi. C’est rigolo.

Bon, le tout empaqueté à la hâte (même pas fixé l’échelle), je fonce vers les russes.

Quel homme charmant qui m’accueille. Je crois que c’est le consul en personne. Il baragouine quelques mots d’anglais et m’écoute rêveur raconter mon périple. J’essaie de faire bonne impression. Ca va aller je pense, il a l’air convaincu …

Mais c’est avec le même sourire gardé tout au long de notre charmante discussion qu’il m’annonce qu’il ne peut rien faire d’ici : je dois me rendre à l’ambassade d’Oulan Bator. Mais quel pédé ! Il savait pas le dire tout de suite ?!! Et elle est où l’ambassade ? Oh tout le monde connaît, y’a qu’à demander …

Cette fois-ci, je roule à tombeau ouvert vers la capitale.

Surprise : les collines sont toutes blanches autour de la route. Il a neigé en 2 jours … C’est vraiment pas le moment de perdre du temps en paperasseries : je tremble déjà en imaginant le froid qu’il doit commencer à faire en Sibérie … Merde, merde, merde …

Je connais le chemin, et – pour une fois j’ai de la chance – l’ambassade de Russie est indiquée sur ma carte d’Oulan Bator. Je rentre dans le bâtiment à 15h55, le temps de trouver le bon guichet, il est 16h00, me faire comprendre, 16h02 et comprendre que, pour les visas, c’était ouvert jusqu’il y a 5 minutes, il est 16h05 …

Pour me forcer à pallier à cette mine complètement déconfite, je me force à penser que tout est de ma faute, que j’aurais dû prévoir et mieux me renseigner … Parfois, dans un élan complètement inopportun d’insouciance, je me dis que ça fait partie de l’aventure …

Bon. Ben, me reste plus qu’à retourner à l’hôtel … Ils en font une de ces têtes en me voyant arriver … Ce qui est marrant avec les idiots, c’est de voir leur visage qui ne comprennent rien quand un truc autre que planifié surgit. C’est à cette inaptitude au changement qu’on les reconnaît. Et là devant moi, j’ai un beau spécimen du doux mongol … (Ca se sent que je suis énervé ?). Et dire que c’est moi le plus con dans cette histoire …

Je n’ai que le courage de poster une « Brèves » sur le blog pour informer la planète entière (du moins, les quelques courageux qui suivent encore) de mes malheurs …

Douche, puis DVD et attente au programme.

Etape 44 (07/10) – Pas bougé

d62ed0832b1b835a6bc42128749d21f3.jpg
Bon, ben, puisqu’il n’y a rien à faire d’autre que d’attendre, pas la peine de se lever tôt non plus … Sans plus de sommeil, je continue à lire Salammbô entamé la veille. 2 motards passent, visiblement à la recherche d’un bivouac aussi. Ils se plantent dans le sable, râlent, recommencent et s’en vont.

Je ramasse du bois et commence un feu. Mais que c’est gai !

C’est l’anniversaire de mon papa aujourd’hui (Bon anniversaire papa !). C’est l’occasion de raconter mes malheurs sur quelques épaules accueillantes. Et d’appeler d’autres amis aussi …

Lire à la lumière des flammes, c’est pas le pied. Puis j’ai presque plus de bois. J’éteins tout et me réfugie dans mon sac de couchage terminer cette pauvre œuvre littéraire de Flaubert …

Demain, debout tôt : c’est le grand jour, dois être au Consulat à 9h !

5bd2e98369da934b4e620e3dd326b400.jpg

 

 

Etape 43 (06/10) – Un peu après Darhan et retour

Le soleil est revenu ! Ah, c’est vachement plus joli. Les feuilles des arbres, les collines rouges de bruyère, la lumière jaune rasante du soleil d’automne, les rubans bleus enroulés autour des troncs d’arbre le long de la route. Mmh ! La Mongolie est vraiment un « must » !

Je dépense mes derniers billets mongols en eau et autres Bounty (et cigarettes !) au dernier village frontière. Oups ! Le poste frontière est « dans » le village et j’ai failli rentrer dedans sans m’arrêter. Une quinzaine de voitures attendent sur le côté dans un chemin de boue. Je passe et m’arrête devant la grille. Pas bon ? Doit aller dans la file ? Dans la boue ? Ok … M’en fous … Aujourd’hui je reviens en Russie (qui paraît maintenant civilisée dans mon esprit).

Et l’attente commence … Au pas. Deux voitures par heure … J’écris mon impatience par SMS. Et puis je commence (et termine) un nouveau livre aujourd’hui : « Soie ». Court, clair, organisé, un chef d’œuvre !

Les femmes du poste frontière ont l’air idiotes (et méchantes. Méfiez-vous des femmes en uniforme : c’est des pestes !). Au troisième contrôle, un gentil petit gars se prend de sympathie pour moi (j’ai oublié son nom) et me conduit à travers toutes les étapes (ponctuées par un ou plusieurs cachets tamponnés bien fort sur un papier différent). Il baragouine un peu d’anglais. Allez, zou, les Russes maintenant. Et c’est une jolie femme (encore pire si elles sont en uniforme ET jolie !!) qui semble ne pas comprendre mon passeport … « Mais si il est valide mon visa, regarde, 18 novembre, tu sais lire ? » (oui, du coup, je suis pas très sympa non plus avec elles. Frustrations réciproques). On appelle un interprète (quelqu’un qui parle anglais) et je dois ranger ma voiture sur le côté. On m’emmène au poste. Dois attendre. Cours refermer la voiture à clef. « Double entry », qu’il me dit (et me montre un mot en cyrillique dans un coin du visa). Ah ben non. Moi j’avais demandé un « Multiple entry » … Merde. Doit bien y avoir un moyen de s’arranger m’sieur l’agent ?! Plusieurs personnes se relayent pour m’expliquer ce que j’ai compris depuis un bon bout de temps : ces putains de règles douanières à la con ne vont pas me laisser rentrer dans leur joyau de pays de merde ! Qu’est-ce qu’ils croient ? Que je suis James SAS Bond en couverture ? Je râle très fort ! Très très fort. En fait, c’est même bon de savoir que je peux être tellement en colère. Ca faisait longtemps … Et les postes de douane qui ne sont pas conçus pour faire demi-tour (paradoxal non ? On multiplie les contrôles, mais tout est fait comme si de toutes façons, tout le monde passe …) …

Evidemment, faut expliquer ça aux Mongols maintenant … Heureusement que je garde le sourire. Surtout quand quelqu’un me dit qu’ils peuvent arranger ça à Darhan en quelques jours. Il me fournit même l’adresse et une phrase pour demander mon chemin. Je croise à travers les multiples guichets quelques français venus de Bretagne en camionnette. Et ce sont les mêmes cachets tamponnés bien fort qui me prennent 2 heures … Avec le p’tit gars sympa on se dit « a demain » …

Je fonce vers Darhan au Consulat russe. Je dois payer un taxi pour qu’il m’indique l’emplacement exact ! Il commence à faire sombre … Ah oui, j’oubliais, on est samedi, il est tard. Et c’est donc naturellement que je trouve porte close. Il ma faut tellement de temps pour déchiffrer avec mon dictionnaire les heures d’ouverture qu’un policier me demande de dégager … Il fait noir maintenant. Et il fait froid.

Et je fais une manœuvre que je ne devrais pas (en fait une manœuvre normale pour nous, mais ici, ça semble poser problème). Le bâton lumineux rouge du flic m’indique de m’arrêter sur le bord de la voie rapide (à 2 bandes !). Ca n’a pas l’air de lui plaire que je mette deux roues sur le bas côté. Je dois remonter dans la voiture et me remettre sur la route. Ca n’a pas l’air de lui plaire non plus que je refuse de discuter sur la route (non éclairée !). On parle, je dessine, on s’explique, il veut de l’argent, j’en n’ai pas (et cette fois ci c’est vrai !), on continue à discuter, j’ai froid, il m’agace, mais je finis par repartir …

A ce stade ci, le froid, la colère, la déception, je sais pas, mais je perds un peu tout raisonnement. Je dois trouver un endroit sympa pour attendre jusque lundi matin … Je pars dans une direction, fais 20 km, ne trouve rien (ouais, il fait noir aussi), fais demi-tour et décide de retrouver le dernier endroit de camping, 30 km de l’autre côté de la ville.

M’installe exactement au même endroit et m’empresse de trouver le sommeil.