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30/10/2007

Etape 43 (06/10) – Un peu après Darhan et retour

Le soleil est revenu ! Ah, c’est vachement plus joli. Les feuilles des arbres, les collines rouges de bruyère, la lumière jaune rasante du soleil d’automne, les rubans bleus enroulés autour des troncs d’arbre le long de la route. Mmh ! La Mongolie est vraiment un « must » !

Je dépense mes derniers billets mongols en eau et autres Bounty (et cigarettes !) au dernier village frontière. Oups ! Le poste frontière est « dans » le village et j’ai failli rentrer dedans sans m’arrêter. Une quinzaine de voitures attendent sur le côté dans un chemin de boue. Je passe et m’arrête devant la grille. Pas bon ? Doit aller dans la file ? Dans la boue ? Ok … M’en fous … Aujourd’hui je reviens en Russie (qui paraît maintenant civilisée dans mon esprit).

Et l’attente commence … Au pas. Deux voitures par heure … J’écris mon impatience par SMS. Et puis je commence (et termine) un nouveau livre aujourd’hui : « Soie ». Court, clair, organisé, un chef d’œuvre !

Les femmes du poste frontière ont l’air idiotes (et méchantes. Méfiez-vous des femmes en uniforme : c’est des pestes !). Au troisième contrôle, un gentil petit gars se prend de sympathie pour moi (j’ai oublié son nom) et me conduit à travers toutes les étapes (ponctuées par un ou plusieurs cachets tamponnés bien fort sur un papier différent). Il baragouine un peu d’anglais. Allez, zou, les Russes maintenant. Et c’est une jolie femme (encore pire si elles sont en uniforme ET jolie !!) qui semble ne pas comprendre mon passeport … « Mais si il est valide mon visa, regarde, 18 novembre, tu sais lire ? » (oui, du coup, je suis pas très sympa non plus avec elles. Frustrations réciproques). On appelle un interprète (quelqu’un qui parle anglais) et je dois ranger ma voiture sur le côté. On m’emmène au poste. Dois attendre. Cours refermer la voiture à clef. « Double entry », qu’il me dit (et me montre un mot en cyrillique dans un coin du visa). Ah ben non. Moi j’avais demandé un « Multiple entry » … Merde. Doit bien y avoir un moyen de s’arranger m’sieur l’agent ?! Plusieurs personnes se relayent pour m’expliquer ce que j’ai compris depuis un bon bout de temps : ces putains de règles douanières à la con ne vont pas me laisser rentrer dans leur joyau de pays de merde ! Qu’est-ce qu’ils croient ? Que je suis James SAS Bond en couverture ? Je râle très fort ! Très très fort. En fait, c’est même bon de savoir que je peux être tellement en colère. Ca faisait longtemps … Et les postes de douane qui ne sont pas conçus pour faire demi-tour (paradoxal non ? On multiplie les contrôles, mais tout est fait comme si de toutes façons, tout le monde passe …) …

Evidemment, faut expliquer ça aux Mongols maintenant … Heureusement que je garde le sourire. Surtout quand quelqu’un me dit qu’ils peuvent arranger ça à Darhan en quelques jours. Il me fournit même l’adresse et une phrase pour demander mon chemin. Je croise à travers les multiples guichets quelques français venus de Bretagne en camionnette. Et ce sont les mêmes cachets tamponnés bien fort qui me prennent 2 heures … Avec le p’tit gars sympa on se dit « a demain » …

Je fonce vers Darhan au Consulat russe. Je dois payer un taxi pour qu’il m’indique l’emplacement exact ! Il commence à faire sombre … Ah oui, j’oubliais, on est samedi, il est tard. Et c’est donc naturellement que je trouve porte close. Il ma faut tellement de temps pour déchiffrer avec mon dictionnaire les heures d’ouverture qu’un policier me demande de dégager … Il fait noir maintenant. Et il fait froid.

Et je fais une manœuvre que je ne devrais pas (en fait une manœuvre normale pour nous, mais ici, ça semble poser problème). Le bâton lumineux rouge du flic m’indique de m’arrêter sur le bord de la voie rapide (à 2 bandes !). Ca n’a pas l’air de lui plaire que je mette deux roues sur le bas côté. Je dois remonter dans la voiture et me remettre sur la route. Ca n’a pas l’air de lui plaire non plus que je refuse de discuter sur la route (non éclairée !). On parle, je dessine, on s’explique, il veut de l’argent, j’en n’ai pas (et cette fois ci c’est vrai !), on continue à discuter, j’ai froid, il m’agace, mais je finis par repartir …

A ce stade ci, le froid, la colère, la déception, je sais pas, mais je perds un peu tout raisonnement. Je dois trouver un endroit sympa pour attendre jusque lundi matin … Je pars dans une direction, fais 20 km, ne trouve rien (ouais, il fait noir aussi), fais demi-tour et décide de retrouver le dernier endroit de camping, 30 km de l’autre côté de la ville.

M’installe exactement au même endroit et m’empresse de trouver le sommeil.

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