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05/10/2007

Etape 36 (30/09) – Désert - Rivière

Grand rangement ce matin donc. Ou plutôt, ça commence par un grand tri. « Inlavable » (comprenez à jeter), « lavable » et « pas besoin de laver ». Tout-à-coup je remarque au fond du casier ma dernière boîte de Déli-choc, celle que je gardais en cas de coup dur. Elle est touchée. Touchée, touchée, elle est touchée. Mayday, mayday, la boîte de Déli-choc est touchée !! En urgentiste amateur, je lui déchire de suite sa chemise emballage pour faire un premier bilan. Elle respire, le chocolat a bien un peu fondu et quelques biscuits ont une fracture, mais les organes vitaux n’ont pas été touchés. Toutefois elle sait qu’elle n’en n’a plus pour très longtemps, alors elle me soupire à l’oreille : « fais vite, abrège le processus » … Je n’en peux plus et je vide la boîte comme petit déjeuner tout en faisant la vaisselle dans le bac en plastique rose (avec énormément de savon !). Les affaires que j’avais mises à sécher sont sèches, je partage le drap de Bonne-Mammy en 2 pour amortir les chocs et absorber en cas de nouvelle fuite, bref, créée un nouveau rangement et je repars …

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A quelques kilomètres de là, la piste descend et puis … c’est une rivière qui la traverse … Il y a quelques yourtes pas loin. Les traces se dispersent dans tous les sens, je m’y perds un peu … La rivière a l’air bien bien large (et profonde ??). Je m’enquiers du chemin à suivre auprès de gens occupés à essayer de réparer leur voiture. « Suivez les camions à l’horizon » … Ok. Mais ils sont de l’autre côté de la rivière les engins … Je longe un peu le cours d’eau, histoire de repérer un passage plus facile (ou un pont ? Je n’y pense même pas une seconde ..). Puis je m’arrête. Sur l’autre rive, un mongol m’observe … Moi aussi. Allez, qu’il me fasse un signe ! Qu’il me montre un autre chemin ou me dise de passer, je sais pas … Enfin, il me fait signe de venir … Waow ! Ca passe, mais c’est stressant comme tout. Il y a de l’eau jusqu’au bas de caisse (ça paraît pas terrible comme ça, mais c’est un 4x4 que j’ai fait rehausser) !! Et c’est bien large de 25 mètres, et il y a du courant ! Je vérifie sur la carte : oui, il y avait bien une rivière à traverser à cet endroit … Enfin, bon … 2 heures de route plus tard, j’arrive en ville … Je pars à la recherche d’eau et c’est un café internet que je trouve ! Ca alors … je m’y rends, lis quelques mails et essaie de répondre au premier, mais le courant se coupe … On redémarre les PC, mais comme je ne sais pas combien de temps cela va durer, je décide juste de répondre à 2 mails et de vérifier si l’exploration a abouti : on a un nouveau formateur. En fait, c’est le même que l’ancien, mais on l’appelle No 2.

Et surtout Anderlecht a perdu contre Charleroi … Pff … Rappelez vous ce que je disais sur le Standard à St-Petersbourg !

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Sortie de la ville vers le Nord. En fait la prochaine étape est une « étape de montagne ». Amélie m’avait dit de partir tôt ce jour là. Ben, je prends un peu d’avance. Je m’installerai au bout de la vallée, avant que ça ne grimpe. Oui, mais qui dit vallée, dit cours d’eau ici … Et celui qui est devant moi est bien grand (un peu comme l’autre, mais plus grand). Et il n’y a personne pour me dire de passer … Il y a bien un jeune homme à côté de moi à moto (avec sa copine), mais il n’ose pas traverser …

Bon, je me lance … au pas, la tête par la fenêtre pour essayer de deviner la profondeur un peu à l’avance … L’eau monte un peu plus haut qu’à mi roue. Ca devrait aller. Mais aux deux tiers de la largeur, ça s’enfonce et ça commence à patiner sur les galets … Je sens la roue qui s’enfonce et puis … le moteur qui cale. Me voilà coincé au beau milieu de la rivière avec le niveau d’eau qui flirte avec le niveau de ma portière. Je me vois déjà quelques heures plus tard me faire remorquer par un camion … Je n’ose pas imaginer l’état de la voiture à ce moment. Je sais qu’il est mauvais d’essayer de redémarrer quand on est dans l’eau, mais tant pis. Après tout je suis encore hors d’elle et aucun organe du moteur n’est mouillé (j’espère que le tuyau d’échappement est hors de l’eau, lui). Je redémarre, mais ça patine et je m’enfonce encore plus. Je décide de mettre les vitesses courtes.  Marche arrière, marche avant, marche arrière en tournant les roues, etc. En fait tout ce que je décris se passe très vite. J’avoue que même si mes pieds sont aux bons endroits, je perds un peu les pédales … Mais je sens que ça va passer. Je fais un peu crier le moteur et lance les gaz à fond et me voilà sorti de l’ornière et me retrouver très vite au sec de l’autre côté. Il me faudra de bons, longs kilomètres avant que l’adrénaline ne redescende à un niveau acceptable. Il me faudra aussi de longs kilomètres avant de réaliser que si j’avais bloqué le différentiel, ça serait sans doute passé comme une lettre à la poste … Pff …

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La vallée est superbe avec ce soleil qui descend. Il y a des animaux partout, des yourtes aussi. Et la rivière (je suis bien à droite d’elle maintenant, je ne devrais plus la re-traverser) se divise en plusieurs bras qui brillent. C’est magnifique (d’autant plus que la piste commence à monter vers un plateau sur la droite et ça, ça me soulage un peu) !

J’arrive à un monastère. Les porte sont fermées et comme je sais pas si ça se visite, j’insiste pas, regarde un peu les détails et passe mon chemin qui … redescend dans la vallée ! Et de fait, quelques passages à gué se mettent bien sur mon chemin … C’est con à dire, mais le fait que l’eau soit froide fait plus peur que si l’eau était chaude … C’est pas une blague ! Mais rien de bien méchant. Jusque … Celle-là. Celle qui coule juste à côté de moi en ce moment. Parce qu’ici je me suis arrêté. J’ai bien traversé la moitié, mais je sentais le courant qui poussait ma voiture vers la gauche alors j’ai fait marche arrière. J’ai pris mon courage à deux mains et bien re-tenté, mais de nouveau rebroussé chemin … Ce soir je dors ici, et je verrai bien demain. Quelques cavaliers approchent de la voiture. Malgré la stérilité de nos propos, je devine bien leur perplexité. En tous cas, ils ne m’ont pas fait comprendre de truc du genre « Mais vas-y, tu risques rien, couillon » … Surtout que quand j’ai vu traverser leurs chevaux qui avaient le bas du ventre mouillé (ok, des petits chevaux, mais tout de même …), j’ai bien vu que c’était profond … J’attendrai demain matin que quelqu’un passe et puisse me remorquer en cas de coup dur …

Sur ce … Bonne nuit les p’tits loups !

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