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05/10/2007

Etape 32 (26/09) – Oygil - Hovsk

Quel cauchemar ! J’ai fait un cauchemar hallucinant que je ne vous raconterai pas de peur d’effrayer tout le monde. Le pire, c’est que je m’en souviens très bien … Je me le rappellerai toute la journée (et même beaucoup plus je crois …).

Le téléphone qui bippe : je reçois des SMS. A cette heure ? Doit encore être une fille saoule qui m’envoie ses messages de la nuit … Non, c’est Fabrice de Chine (à peu près dans le même fuseau horaire) qui m’envoie ses encouragements : « Même avec un GPS, je te conseille vivement de prendre un guide si tu veux pas te paumer » … Eh ben, ça met en confiance … Me voilà prévenu …

C’est donc au pas que je me laisse glisser (cahoter ?) vers cette ville où j’espère trouver de l’aide. A la station d’essence, je montre l’état de la petite au pompiste, mais c’est un des gars qui traîne autour qui grimpe dans la voiture pour me conduire vers un garagiste. Les caoutchoucs sont démolis et il les remplace par encore un autre modèle (Je rappelle que je n’ai pas une Toyota et que c’est donc mission impossible pour trouver des pièces détachées appropriées). Bon, trois quarts d’heure et 5 dollars plus tard, je quitte la ville et repars en choisissant le bon chemin (je dépose mon improvisé co-pilote juste avant en lui laissant mon paquet de cigarettes en guise de remerciements).

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Les paysages sont toujours aussi fabuleux, mais je garde une petite anxiété de côté pour la voiture. S’il m’arrive une merde ici, y’aura pas foule pour venir m’aider. Y’a des yourtes ci et là dans les plaines, des troupeaux de chèvres et moutons mélangés, des chevaux en liberté, des vaches aux longs poils (yacks ?), des chameaux, des rapaces qui volent le long de la voiture. Des 4x4 aussi, mais pas de touristes. Je crois qu’ils ne viennent pas si loin à l’Ouest … Des lacs ! Bleus, merveilleux … Faut choisir sa piste parmi celles qui partent ici à gauche, là à droite. Au loin, des sommets enneigés (mais qui ont cette classe de rester au loin).

Puis un Land Cruiser qui me dépasse « à fond de balle » (poursuivi par un immense nuage de poussière bien sûr). Moi j’continue pépère, les yeux rivés sur la route, mais éblouis par l’environnement. Je roule sur l’herbe, le sable, la roche. Cette vallée est interminable. Au pied une surprise m’attend : c’est le Land Cruiser de tout à l’heure, à l’arrêt sur le bord … Une femme européenne se tient à côté et me fait signe d’arrêter. Ah, aah … on a cassé ? On fait moins le malin … Pas du tout. Elle se présente (Amélie … Spehr ?), trouvait ça intrigant de voir une plaque inconnue ici, avec une seule personne à son bord et sa curiosité a été piquée au vif. Elle est allemande, anthropologue, vient en Mongolie depuis 19 ans et m’invite à aller dîner avec elle et son chauffeur. Bien sûr que je serai là.

-          Où ?

-          Au prochain village.

-          Y’a une église au milieu pour se donner rendez-vous ?

-          Non, Mais comme nous on en a encore pour 1 heure de route, disons dans 1 heure et demi devant le théâtre ?

En route, je dépanne (tracte) une camionnette bloquée au milieu d’un gué (Les sangles auront servi ! Et c’est pas pour moi !!).

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J’arrive avec 2 minutes de retard au rendez-vous. De suite on se dirige vers un des restaurants de la ville (oui, c’est assez grand ici). Ils commandent pour moi. Et je passe alors la soirée à découvrir quelqu’un de passionnant. Une femme qui à l’âge de 8 ans a décidé de devenir indépendante financièrement (mais c’est indépendante tout court qu’il faut comprendre), a étudié les lettres, mais aussi l’anthropologie et je crois d’autres choses aussi, qui est professeur d’université, écrivain (et photographe), qui a vécu 2 ans avec les indiens d’Amérique, 5 ans en Inde, et maintenant depuis 19 ans en Mongolie. La discussion se poursuit chez des amis à elle qui les hébergeront (et moi avec du coup) pour la nuit. Elle me montre une dizaine des livres qu’elle a écrits (bon, c’est en allemand, mais certains existent traduits en anglais. Les photos sur les jaquettes montrent que c’était une très jolie femme … jeune). La discussion se poursuit sur la Mongolie (non, tu ne dois pas aller si loin au Sud dans le désert du Gobi, ce serait de la folie … Ok, ok …), mais sur des plans très personnels aussi. Je lui parle de mon projet et elle est très enthousiaste (un peu trop rapide à son goût tout de même). Dehors, dans la cour de la maison, ils ont décidé de déplacer la yourte. C’est l’hiver qui approche et il faut une isolation spéciale. J’irais bien regarder ou même aider, mais je dois rester à l’intérieur pour ne pas offusquer mes hôtes. Je sors bien quelques fois griller une cigarette, mais ce sont alors les jeunes qui m’observent plutôt que l’inverse. S’ils finissent ce soir, on dort dedans. Ils ne finiront pas.

Je reçois à manger (la deuxième fois ce soir), puis le patriarche nous rejoint. Un petit vieux marrant qui prendra le soin de mettre du papier collant sur les plis de ma carte afin qu’elle ne se déchire pas et qui partage la bouteille de vodka en servant les verres comme si c’était de l’eau ! Ce sera donc, ni une double ou une triple, mais plutôt une sextuple vodka que je m’enfilerai comme premier digestif. Puis une autre pour tasser.

Dodo dans la pièce annexe à trois …

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