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17/09/2007

Etape 18 (11/09) – Altibai – 300 km plus loin

Bon, ben c’est le désert ici. Et y’a une route en ligne droite. Avec la ligne de chemin de fer qui court parallèlement à sans doute 1 kilomètre (et plusieurs longs convois qui passent !). La route est en excellent état ! Voilà qui augure de bonnes choses … Jusqu’à « Makat ». Et voilà la seule chose qu’il y a de bien dans ce village : son nom est facile à retenir (et à lire sur l’unique panneau !). A l’entrée, un petit panneau en bois indique vers la gauche le nom de la prochaine grande ville à quelques 600 km de là. Oui, mais il indique un chemin de terre … Alors que sur ma carte, j’ai une belle route en rouge, comme celle que je viens d’emprunter … Ca doit pas être ça. Je rentre dans la petite ville. Et j’ai beau tourner, y’a pas l’ombre d’un début de route … Au loin (et dans la bonne direction d’après mon GPS), il y a une ligne de talus plus horizontale que l’horizon : ça doit être la route. J’emprunte alors quelques chemins de terre sur plusieurs kilomètres et arrive sur … un autre sentier, plus large et plus plat en général, mais certainement moins carrossable … Et pourtant, c’est la bonne direction. C’est comme si la route n’était pas encore construite. Au loin, une voiture roule dessus … Je sais pas pourquoi, mais je m’y engage … tout doucement … Après 2 kilomètres, y’a une voiture de police à un carrefour de chemins, au beau milieu de nulle part. « C’est la route pour Aqtobe ? ». « Oui ». Ben merde alors … Suis content parce que j’ai trouvé la bonne route, mais par contre, la moyenne risque de chuter. Je fais quoi … du 15 km/h de moyenne ?!

Après un petit temps, y’a des plaques de goudrons qui apparaissent. En fait, la route a bien été construite, mais elle est tellement dégradée, qu’il n’en reste plus rien. Sur le côté, il y a un chemin de terre qui la longe. Ca a l’air un peu plus praticable et je l’emprunte. Il y a même plusieurs chemins qui s’en vont parallèlement. De temps à autre, je rejoins la route, espérant la trouver réparée, mais la vitesse n’y est pas meilleure que sur la piste en contrebas. Ca va me prendre des jours !

Je croise … un autre Defender. Là où il y a bien 6 pistes en parallèle de chaque côté de la route, au milieu de nulle part, y’a la petite sœur du Def qui passe juste à côté de moi … Un Polonais. Je m’arrête, mais lui fonce et me fait juste signe de la main …

Et puis toute la poussière qui s’envole de partout là où je passe. Ok, c’est drôle, mais c’était pas prévu et ça salit tout ! … Et je ne regarde que la moyenne … Je ne m’y fais pas à me retrouver sur une piste là où ça n’était pas du tout prévu (une belle grosse ligne rouge sur ma carte, comme les autoroutes ! Et dans mon atlas de Russie (qui fait aussi Kazakhstan) : pareil !) … Les routes sont dans un état vraiment désastreux, avec des trous de plus de 80 cm de profondeur ! Il faut s’arrêter et reprendre un autre côté moins pire … Ce n’est pas possible que des voitures puissent passer ici !

Une portion de route à l’air meilleure. Plein de nids de poule, mais à vitesse moyenne, ça ne se sent pas … Tiens, la voiture à l’air de pencher un peu … Je m’arrête … Noooooooooooooooonnnnnnnn !!!!! Mais t’es un imbécile de chez con, Fabian !!! Ah tu trouvais qu’aller un peu plus vite était plus gai ! Ah, tu ressassais ton rêve de cette nuit ! Ben voilà le résultat : ton pneu est crevé. Petit con va ! Vous chantiez ? Et bien dansez maintenant !!

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On se calme. On essaie d’éviter de penser « Quoi ? A même pas 5 % du périple, y’a déjà une ailr cabossée et un pneu crevé ? ». On relativise … On s’organise … Où est le crique ? Comment on l’utilise ? Où est la croix pour dévisser les boulons ? Le dévissage ne marche pas. Trop serrés. On se calme … On tire plus fort et de l’autre côté on pousse avec le pied … Ca marche. Le crique maintenant. Voilà, la voiture monte … Mais, c’est pas assez haut ça ! Et je sais pas tourner plus. La roue ne s’engage pas : les  boulons sont trop bas … Meeeerde ! Va falloir demander de l’aide. A qui ? Ca fait bien ¾ d’heure et y’a personne … Je m’assieds sur la roue couchée à terre … Je pense au Petit Prince … Julie téléphone … Un camion arrive.

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Les 3 gars qui en sortent (je m’étonne qu’ils voyagent toujours à plusieurs dans les camions ou les voitures. Bizarre non ? Je mets au moins 24 heures à me rendre compte que c’est moi le type bizarre, à traverser une sorte de désert … en solitaire) m’aident tout de suite et s’y mettent tous. Ils me conseillent de poser le crique sur un morceau de poutre en bois la prochaine fois … (s’ils savaient que j’étais sensé être ingénieur …). Je leur explique à l’aide de ma carte mon projet de tour du monde. Ils me croient un peu fou, mais me souhaitent bonne chance et repartent !

A partir de maintenant, je roule hyper prudemment. Pistes en terre durcie, en terre plus ou moins molle, de sable (ouais, plus fin que le sable, une sorte de poussière qui s’infiltre partout dans la voiture. Le Def est dégueu dehors … et dedans ! Moi aussi bien sûr. Et mes vêtements.) ou route complètement explosée ; j’alterne. Je divise l’étape en deux bien sûr. Je roule sans doute plus de 9 heures sans m’arrêter.

A mi chemin, je prends une piste qui s’écarte et vais m’installer au beau milieu de nulle part. Le coucher de soleil est splendide. Le couple de chameaux qui passe devant l’est aussi. Je prends une bonne douche. Je pose pour une photo de moi (à la demande de ma petite sœur) et sors la chaise pliable pour l’occasion.

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J’essaie de me donner du bon temps malgré mes gros soucis (angoisses plutôt).

Parce qu’il n’y a pas de stations service le long de cette « même pas voie romaine » … En comptant avec les 60 litres des jerrycans, ça devrait aller. Heureusement que je les avais remplis hier ceux-là !

Parce qu’il y a un autre truc dont je n’ai pas encore parlé : la voiture fait de très très inquiétants « Bloïngs » quand il y a une bosse un peu plus grande. Et, malgré la dizaine d’arrêts, je n’arrive toujours pas à identifier l’origine de cette anomalie … On avait déjà remarqué cela avec Mathieu avant de partir, mais je croyais que c’était une caisse en plastique dans le coffre … Demain, faut que je trouve …

Parce qu’il y a un dernier truc enfin : l’amortisseur avant droit est tout graisseux, comme l’était l’avant gauche quand on m’avait dit qu’il était cassé (juste avant de partir).

Ciel plein d’étoiles. Pas la tête à ça. Faut que j’écrive pour le blog aussi …

Bonne nuit !

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